Activités parlementaires

M. Drissi interpelle le gouvernement au sujet de la situation catastrophique des régimes de retraites et appelle à les réformer de manière à garantir leur pérennité et leur équilibre financier

Il a appelé à l’unification et à l’agrégation de ces régimes afin d’aboutir un système bipolaire, public et privé

Saliha Boujraf

M. Abderrahman Drissi, membre du Groupe Haraki à la Chambre des Conseillers, a interpellé le gouvernement au sujet de la situation critique des caisses de retraites, affirmant que « toutes les rapport et études confirment, dans leur diagnostic de l’état actuel des régimes de retraites dans notre pays, l’urgence et la nécessité d’accélérer la mise en œuvre d’une réforme structurelle et globale de ce système avant sa faillite ».

Commentant la réponse de la ministre de l’Economie et des Finances, Mme Nadia Fettah Alaoui, à une question sur « la vision du gouvernement en matière de réforme des régimes de retraites et de traitement de leurs dysfonctionnements », présentée par le Groupe Haraki, mardi dernier à la Chambre des Conseillers, M. Drissi a mis l’accent sur la nécessité de procéder à une réforme des régimes de retraites de manière à garantir leur pérennité et leur équilibre financier, loin des solutions temporaires et palliatives qui ne font que retarder la crise et n’y remédient pas.

Le conseiller parlementaire haraki a poursuivi en affirmant que « Il ne fait aucun doute que le gouvernement est conscient du danger qui menace les régimes de retraites et partage avec nous l’enjeu de la réforme », s’interrogeant, en revanche, sur le type de réforme que le gouvernement entend entreprendre, surtout après des fuites médiatiques qui avaient évoqué la reproduction des mesures prises en 2016.

M. Drissi s’est interrogé sur les solutions qualitatives que compte proposer le gouvernement d’Akhannouch, qu’il a qualifié du « gouvernement de la rupture avec l’héritage, qui est aussi son héritage et avec une plus grande part ».

Le conseiller parlementaire haraki a tiré la sonnette d’alarme concernant la situation critique des régimes de retraites, citant à cet égard les conclusions d’une étude technique réalisée par le ministère du Travail, l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS) et les caisses de retraites concernées, à la demande de l’ancien Chef du gouvernement, selon lesquels le régime des pensions civiles épuisera ses réserves s’élevant à 70 milliards de DH d’ici 2028, indiquant que la Caisse Marocaine des Retraites (CMR) aura besoin d’environ 14 milliards de DH par an pour financer le déficit du régime.

Dans le même sens, M. Drissi a rappelé que le dernier rapport de la Cour des Comptes a indiqué qu’avec 5,5 millions de personnes adhérents au régime des pensions civiles jusqu’à la fin de 2020, le taux de couverture ne dépasse pas 42% de ses besoins, évoquant aussi les recommandations de la Commission d’enquête formée par la Chambre des Conseillers en 2017 et qui sont restées lettres mortes malgré leur importance.

Le conseiller parlementaire haraki a également appelé à réformer les régimes des retraites sans toucher aux salaires des fonctionnaires qui ne sont plus en mesure de supporter des retenues supplémentaires, notamment au vu de la forte flambée des prix des denrées alimentaires et des services, et à la lumière d’un système de rémunération inéquitable.

M. Drissi a affirmé, à cet égard, que « la vision du gouvernement relative à cette réforme est l’un des plus grands dossiers qui n’ont pas été abordés dans la déclaration gouvernementale et lors du dernier dialogue social, à l’exception d’un amendement partiel concernant le nombre de jours requis à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale », soulignant la nécessité unifier et d’agréger les régimes de retraite dans la perspective d’aboutir à un système bipolaire, public et privé.

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