Activités parlementaires

Un conseiller parlementaire haraki recense les échecs du « gouvernement Akhannouch » malgré les opportunités politiques de réussite dont il dispose

Aliae Riffi

Benmbarak Yehfdhou, membre du Groupe Haraki à la Chambre des Conseillers, a noté avec grand regret l’échec du gouvernement à honorer bon nombre de ses engagements, tout en relevant la confusion et les dysfonctionnements qui ont caractérisé la mise en œuvre.

Dans une intervention au nom du Groupe Haraki à la Chambre des Conseillers lors d’une séance plénière consacrée à la discussion du bilan d’étape du travail du gouvernement, jeudi dernier à la deuxième chambre du Parlement, M. Benmbarek a affirmé que « le gouvernement Akhannouch, qui disposait de toutes les opportunités politiques pour réussir, aurait pu réaliser plus qu’elle n’a accompli, d’autant plus qu’elle est soutenue par une majorité numérique qui bénit ses décisions sans la moindre réserve, en plus de son prolongement dans toutes les régions, provinces et communes, et du fait qu’elle a hérité de divers plans et programmes stratégiques et sectoriels des gouvernements précédents ».

Le conseiller parlementaire haraki a relevé l’échec du gouvernement à réduire la vulnérabilité de l’économie nationale, soulignant que toutes les hypothèses et tous les indicateurs sur lesquels a reposé la politique financière sont contraires à la réalité, ce qui s’est traduit par l’enregistrement de taux de croissance faibles et des taux de déficit, d’inflation et d’endettement énormes, qui ont atteint dans leur ensemble des plafonds sans précédent.

D’autre part, M. Yehfdhou a critiqué l’adoption d’une politique fiscale injuste et inéquitable socialement et territorialement, qui a aggravé la crise des petites et moyennes entreprises et a précipité leur faillite et engendré davantage de perte d’opportunités d’emploi, en l’absence de toute initiative pour réformer les établissements publics et améliorer leur gouvernance malgré le soutien soutenu apporté à certains d’entre eux et en l’absence persistante de la corrélation de la responsabilité avec l’obligation de reddition des comptes dans sa gestion.

Le conseiller parlementaire haraki a souligné, par ailleurs, l’échec du gouvernement à mettre en œuvre le chantier de la régionalisation avancée et l’absence de toute initiative visant à amender les lois organiques relatives aux collectives territoriales et les statuts des chambres professionnelles et des syndicats.

Yehfdhou s’est dit étonné de l’allocation de milliards de DH à des secteurs, tels que le tourisme, les transports et l’agriculture, sans aucun impact sur la baisse des prix des denrées alimentaires, des services et des biens, et de l’absence de tout soutien aux artisans et aux éleveurs locaux, tout en continuant en revanche à soutenir une petite catégorie de grands éleveurs pour qu’ils importent les ovins destinés au sacrifice de l’Aïd Al Adha dans une tentative de pallier le déficit existant de la production nationale, à l’instar de nombreux produits agricoles de base et à la lumière des tergiversations dans la révision de la politique agricole adoptée et de l’absence d’une vision de développement intégrée des zones rurales et montagneuses.

Yehfdhou a noté également l’absence de vision stratégique du gouvernement concernant la pérennisation du financement du chantier de la protection sociale avec ses quatre piliers et des engagements du dialogue social, son recours à des solutions de facilité à travers la suppression progressive de la Caisse de Compensation sans présenter ni une alternative structurelle ni une réforme alternative fondamentale, le recours à la poursuite de la pression fiscale sur les entreprises et la classe moyenne et le recours à des « financements innovants » qui ne sont en fait rien d’autre qu’une privatisation déguisée.

L’orateur s’est également interrogé sur le sort du stock stratégique de produits alimentaires de base, médicaux et énergétiques et sur les mesures prises pour résoudre les dossiers des hydrocarbures et du chômage, exprimant l’aspiration du Groupe Haraki à rétablir la boussole de la réforme stratégique dans le secteur de l’éducation et dans le système d’éducation et de formation et à reprendre la mise en œuvre de la loi-cadre qui constitue une voie expresse vers la réforme au lieu de soutenir la rupture imaginaire et la perte du temps dans des virages qui retardent la véritable réforme.

Yehfdhou a appelé, en outre, à la mise en œuvre des promesses électorales du gouvernement visant à intégrer les enseignants contractuels dans la fonction publique en tant que fonctionnaires au sein du ministère et non des personnels des Académies Régionales d’Education et de Formation (AREF).

Le conseiller parlementaire haraki s’est également interrogé sur le sort du statut des administrateurs et sur les mesures prises pour améliorer leur situation professionnelle et mettre un terme à l’injustice dont ils ont été victimes et ce, à l’instar d’autres corps similaires, renouvelant l’appel à mettre fin à la série de rétractions qui ont caractérisé le secteur de l’enseignement supérieur et qui concernent notamment le gel du projet de création de 34 établissements universitaires sachant que des budgets leur ont été alloués par les régions et les communes et ce, sans proposer une alternative et à la lumière de l’absence de la moindre réalisation de la promesse relative à la construction de complexes universitaires et de nouveaux cités universitaires.

Yehfdhou a également appelé à l’octroi d’un soutien équitable au logement qui tienne compte de la spécificité des populations des zones rurales et montagneuses et des quartiers péri-urbains, à une réforme globale du système fiscal, à une réforme radicale du système des rémunérations, du statut général de la fonction publique et des régimes de retraite et à rendre justice aux retraités à travers l’engagement d’un large dialogue social et sociétal qui accommode toutes les dynamiques et les composantes de la société, loin du concept étriqué de la représentativité, tout en adoptant une politique linguistique clairement définie dans le cadre d’une approche matérialiste de l’officialisation de la langue amazighe sans impact financier.

Le conseiller parlementaire haraki s’est dit étonné aussi de l’absence de toute initiative envers la langue hassanie et les autres expressions linguistiques et culturelles nationales.

 

 

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