Activités du secrétaire général

Lors de l’accueil de l’organe fondatrice du parti « L’Alternative sociale-démocrate » :

Ouzzine souligne la nécessité d’avoir des partis qui assument leur rôle d’encadrement et de construire une plateforme politique dans le contexte de la société à laquelle nous aspirons

Saliha Boujraf

Mohamed Ouzzine, Secrétaire général du parti du Mouvement Populaire, accompagné de Mme Khadija El Gour, Présidente de l’Organisation des Femmes Harakies, et de M. Hatim Bekkar, membre du Bureau politique du parti, ont accueilli, vendredi dernier au siège du Secrétariat général du parti à Rabat, une délégation de l’organe fondateur du parti « L’Alternative sociale-démocrate » lors de sa première visite aux partis de l’opposition.

A cette occasion, M. Ouzzine a souhaité la bienvenue aux membres de l’organe fondateur du parti « L’Alternative sociale-démocrate », saluant leur initiative sérieuse, d’autant plus qu’elle intervient dans le cadre de la recherche d’une plateforme commune dans le contexte de la construction d’un horizon politique équilibré et dans la perspective de la mise en œuvre de cet horizon à la lumière d’une réalité politique caractérisée par un alignement idéologique désuet.

Ouzzine a souligné que l’institution politique, associative et culturelle a besoin de disposer des moyens de reconstruction afin d’assumer ses fonctions constitutionnelles en matière d’encadrement, affirmant « nous sommes heureux d’inaugurer ce processus en tant que Mouvement Populaire avec une nouvelle direction et de nous engager dans ce processus commun de coopération que nous comptons ouvrir avec tout le monde ».

Dans ce même contexte, M. Ouzzine a ajouté « votre projet, lancé sous le thème Alternative Démocratique converge avec le projet de l’alternative harakie politique et organisationnelle, porté par la nouvelle direction harakie depuis le 14ème Congrès national du parti ».

Ouzzine a souligné que le Mouvement Populaire croit au multipartisme et non au pluralisme numérique, évoquant le parcours engagé par le Mouvement Populaire pour instaurer le multipartisme au Maroc, depuis la naissance du parti issu des zones rurales et montagneuses, pour faire face à l’hégémonie du parti unique à cette époque, instaurer les libertés publiques et défendre la question amazighe et le monde rural.

Par ailleurs, M. Ouzzine a évoqué les scissions qu’ont enregistré les partis politiques marocains en général, notant que le parti du Mouvement Populaire, qui prône le « libéralisme conservateur », n’était pas étranger à de telles scissions et a même fait l’objet de plusieurs scissions, mais a pu retrouver ses forces en 2006 après avoir fusionné trois partis harakis dans le parti du Mouvement Populaire, soit un retour aux sources.

En outre, M. Ouzzine a indiqué que le parcours engager par Mouvement Populaire pour instaurer le pluralisme et le Maroc des institutions n’était pas aisé, soulignant que les idées du Mouvement Populaire ne sont pas inspirées ni par l’Orient ni par l’Occident, mais sont plutôt nées du terroir marocain. Précisant que le parti est resté tout au long de son parcours politique attaché à la réalité de « Tamaghrabit » (marocanité), M. Ouzzine a rappelé également les échéances qui ont marqué le parcours du Mouvement Populaire, aussi bien dans la majorité que dans l’opposition.

Ouzzine a poursuivi que le parti du Mouvement Populaire œuvre à jeter les fondements d’une alternative harakie et souhaite qu’il le soit, précisant que le parti œuvre à la réalisation de cet objectif à travers la création de plusieurs alliances afin d’élargir la base de ses membres.

D’autre part, M. Ouzzine a évoqué la situation politique actuelle, caractérisée par la faiblesse et la crise, affirmant « tout le monde se plaint de tout », ajoutant « nous devons faire une pause pour savoir ce que nous voulons » et indiquant que « nous sommes face à un gouvernement sans contenu et sans horizon, malgré sa supériorité numérique, son hégémonie et son expansion territoriale et publique, mais n’a aucune empreinte politique ».

Ouzzine a ajouté « aujourd’hui, les partis politiques doivent jouer leur rôle d’encadrement et construire une plateforme politique dans le contexte de la société à laquelle nous aspirons, car ce qui compte pour le citoyen, c’est le pain, la santé, l’éducation, etc. »

Le Secrétaire général du Mouvement Populaire a également évoqué le rôle de l’opposition qui constitue un pilier fondamental de tout système démocratique au vu des rôles qu’elle joue, notamment à la lumière de la supériorité numérique de la majorité, soulignant la nécessité de réhabiliter l’opposition dans son rôle et de renforcer son efficacité qui réside dans sa capacité à évaluer et corriger l’action de la majorité et ce, à travers la soumission de critiques à l’encontre de certains agissements du gouvernement, la proposition d’orientations et des suggestions ou l’expression d’opinions d’une manière appropriée pour résoudre diverses crises et lever des défis.

 

Karmane souligne la nécessité du changement et du développement du système de l’action partisane

Pour sa part, M. Abdelhakim Karmane, coordinateur national du Comité préparatoire du parti « L’Alternative sociale-démocrate », a souligné que l’initiative de fondation de ce parti constitue une réponse à un besoin sociétal de changement et de développement du système de l’action partisane, ajoutant que « notre objectif consiste à répondre à trois questions : pourquoi le projet ? que ferions-nous ? et où irons-nous ? Nous avons répondu à deux questions et il nous reste une question à laquelle nous nous efforçons de trouver une réponse ».

Karmane, qui est également chercheur universitaire en sciences politiques, a passé en revue le processus du projet de création du parti « L’Alternative sociale-démocrate », notant que « les promoteurs de ce projet ambitionnent de renforcer la coopération avec les différentes organisations politiques nationales, démocratiques modernistes, en vue de présenter un programme d’action basé sur la réalisation du développement, la garantie du bien-être social et le renforcement des droits de l’Homme, soulignant la nécessité de la transition d’une démocratie représentative et participative à une démocratie de l’alternance, qui nécessite l’implication des nouvelles générations dans l’élaboration de l’action partisane dans le Royaume, à travers le renouvellement des élites, leur accès en alternance à la gestion des partis et l’encouragement du renouveau intellectuel au sein du parti.

D’autre part, M. Karmane a souligné que « nous parlons souvent de désaffection politique, alors qu’en réalité il n’y a pas de désaffection, mais plutôt une ‘‘abstention’’ à exercer l’action politique jusqu’à ce que la confiance dans les partis politiques soit restaurée ».

Karmane a conclu son intervention en mettant l’accent sur la nécessité de réformer le champ politique, soulignant que cela passe principalement par la révision de la loi sur les partis politiques dans toutes ses dimensions.

 

Mme El Gour souligne la nécessité de réhabiliter le rôle de l’intellectuel et l’encadrement

De son côté, Mme Khadija El Gour, Présidente de l’Organisation des Femmes Harakies, a relevé l’importance du renouvellement des systèmes de gouvernance au sein de l’institution partisane et de l’ouverture sur les différentes formes de communication digitale, soulignant la nécessité de réhabiliter la fonction de l’encadrement politique des citoyennes et des citoyens et le rôle de l’intellectuel au sein des partis politiques et d’innover des mécanismes d’action commune dans le but d’établir les articulations nécessaires et intelligentes entre la culture et la politique, tout en mettant en exergue le rôle important qui incombe aux partis politiques dans la réalisation d’un saut qualitatif pour les citoyens sur le plan social.

 

Bekkar souligne que l’aversion vis-à-vis des partis est liée à la difficulté qu’éprouvent certains d’entre eux en matière de communication politique

Pour sa part, M. Hatim Bekkar, membre du Bureau politique du parti du Mouvement Populaire, a évoqué son expérience au sein du Mouvement Populaire, soulignant la nécessité pour les partis politiques de renouveler leurs élites, leur organisation et leur encadrement des citoyens.

Bekkar a indiqué que l’aversion des jeunes vis-à-vis des partis politiques est liée à la difficulté qu’éprouvent certains partis en matière de communication politique, affirmant que cela diffère d’un parti à l’autre et soulignant que la question de la confiance des jeunes dans les partis politiques est liée à la capacité de ces derniers à intégrer les jeunes dans leur système organisationnel.

 

Changer les stéréotypes

Par ailleurs, les autres interventions ont été unanimes à souligne que les stéréotypes que l’on se fait de l’action partisane assimile les partis à des organisations dépourvues de créativité et d’initiative et peu attrayantes pour la nouvelle génération, en particulier à la lumière de l’attachement à un discours politique classique qui ne prend pas en compte les transformations sociales accélérées.

Il convient de rappeler que la délégation des dirigeants du parti « L’Alternative sociale-démocrate » était composée, outre M. Abdelhakim Karman, coordinateur national de l’organe fondateur du parti, de Mme Imane Ghanmi, présidente de la Commission de la parité et du Forum de la communication, de M. Saïd Jouane, président du Forum de la logistique et du management digital, de Mme Zoulikha Lazâar, présidente du Forum  de la créativité et des sciences humaines, de M. Mustapha Ahrich, président du Forum des métiers artistiques, spécialiste de la culture amazighe et chercheur en culture et patrimoine, de Mme Khadija Eddarâaoui, présidente de la Commission des études et de la planification, de M. Nabil Essafi, du Forum de la culture et du développement du territoire, de Mme Nadia Daher El Belghiti, présidente du Forum de la citoyenneté et de la société civile, de M. Mohamed Boughnim Al Balbal, en charge des recherches de terrain et de l’encadrement politique, et de M. Mohamed Fanidou, de la Commission des politiques publiques et spécialiste de la culture et des arts hassanis.

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