MP/
Zineb Abou-Abdellah
M. Yehfdhou Benmbarek, membre du Groupe Haraki à la Chambre des Conseillers, a souligné que la guerre d’Ormuz ne saurait justifier les prix élevés des produits nationaux qui ont battu des records à l’exportation, affirmant que « ces événements ne sauraient servir de prétexte pour s’adapter à la crise et la justifier, au lieu de prendre l’initiative pour y faire face et s’attaquer aux causes internes de la crise de la flambée des prix et de l’inflation cumulée ».
Cette déclaration du conseiller parlementaire haraki est intervenue, le mardi 19 mai 2026, dans un commentaire de la réponse de la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Mme Leïla Benali, à une question orale du Groupe Haraki portant sur la stratégie du gouvernement pour faire face aux perturbations de l’approvisionnement du marché national en gaz et autres produits énergétiques.
M. Benmbarek a relevé que malgré les efforts déployés, les investissements considérables et les stratégies énergétiques ambitieuses lancées par le Maroc durant les deux dernières décennies, grâce à la Vision Royale, la transition énergétique demeure un objectif lointain, d’autant plus au regard de la lenteur de la cadence de mise en œuvre, de la persistance de la dépendance des énergies fossiles telles le pétrole et du classement du Maroc au 70ème rang mondial dans l’Indice de transition énergétique 2025.
A cet égard, M. Benmabrouk a fait état de la persistance de la dépendance énergétique vis-à-vis de l’étranger, de la hausse de la facture énergétique qui a dépassé 107,56 milliards de DH en 2025 en raison du recours aux énergies fossiles importées, de la problématique relative à la faiblesse et du déclin des stocks stratégiques nationaux de gaz et d’autres produits national, du dysfonctionnement qui entache l’approvisionnement du marché intérieur, de la perturbation de la distribution interne dans certaines villes, de la flambée alarmante des prix des carburants et des répercussions de cette flambée sur le pouvoir d’achat des citoyens et la compétitivité des entreprises marocaines.
Par ailleurs, le conseiller parlementaire haraki a mis l’accent sur la nécessité d’accélérer la cadence de réalisation des projets énergétiques stratégiques relatifs aux énergies renouvelables et à l’hydrogène vert afin de réduire la dépendance vis-à-vis de l’étranger et de revoir le système de stockage des produits énergétiques à travers l’augmentation des investissements portant sur la mise en place d’installations de stockage des carburants, tant à des fins stratégiques que de réserve, afin de porter la durée de couverture des stocks de 30 jours à une durée comprise entre 60 et 90 jours. Il a appelé également à trancher l’avenir de la raffinerie La Samir ou à ouvrir la voie à des investissements dans de nouvelles raffineries de pétrole.
M. Benmbarek a également mis l’accent sur la nécessité de diversifier les sources d’importation de gaz et des autres produits énergétiques et de développer des partenariats en dehors des pays fournisseurs traditionnels, réitérant l’appel à faire bon usage des marges de manœuvre prévues par la loi sur les prix et la concurrence qui autorisent le gouvernement temporairement à plafonner les prix et à réduire les taux d’imposition et les marges de bénéfice des entreprises. Il a également appelé à revoir le système de mise à jour bimensuelle des prix des carburants et à mettre en place une plateforme numérique de suivi des stocks et de la distribution des carburants afin de prévenir les spéculations et les monopoles sur le marché des carburants.
