M. Younes Mellal, membre du Groupe Haraki à la Chambre des Conseillers, a considéré que la hausse des prix des carburants est « la mère de tous les problèmes » et « la source de toutes les crises ». Il a toutefois déploré le manque de clarté de la vision du gouvernement et sa gestion défaillante du marché des carburants, affirmant « malheureusement, le gouvernement refuse toujours d’activer l’article 4 de la loi sur la liberté des prix et la concurrence, qui lui confère la possibilité de plafonner temporairement les prix. Le gouvernement hésite également à suspendre temporairement les taxes sur les carburants et à réduire les marges bénéficiaires des compagnies pétrolières qui profitent de la crise, ainsi qu’à activer le système d’indexation direct des prix en fonction des fluctuations du marché, au lieu de maintenir la pratique des révisions bihebdomadaires des prix ».
Cette déclaration est intervenue dans le cadre du commentaire de M. Mellal de la réponse apportée par Mme Nadia Fettah, ministre de l’Economie et des Finances, à une question posée par le Groupe Haraki concernant la protection des consommateurs et le contrôle des prix, lors de la séance des questions orales à la Chambre des Conseillers, tenue le mardi 16 juin 2026.
S’adressant à la ministre, M. Mellal a vivement critiqué le gouvernement en affirmant que « le consommateur est le dernier souci du gouvernement. Autrement, comment expliquerez-vous l’incapacité du gouvernement à traiter le dossier de La Samir ? », ajoutant que « le gouvernement n’a ni accéléré la remise en fonction de cette raffinerie, ni procédé au soutien d’investissements pour créer d’autres raffineries ».
A cet égard, M. Mellal a souligné que la coalition gouvernementale tripartite devait faire preuve d’audace politique pour reconnaître l’échec du dispositif du soutien public et sectoriel adopté, dispersé entre divers départements, institutions et services, à impacter positivement en termes de plafonnement des prix et de protection des consommateurs.
M. Mellal a relevé également l’échec des décisions gouvernementales périodiques relatives à l’ouverture des portes des douanes aux importations de biens de première nécessité, notant en revanche la réussite du gouvernement à générer des « spéculateurs » dans tous les secteurs et à tous les niveaux, à exporter les devises fortes, à aggraver le déficit commercial et à soutenir indirectement l’exportation d’eau via les fruits et légumes exportés, grands consommateurs d’eau, et à réduire ainsi le volume des produits nationaux et locaux et à accentuer leur vulnérabilité. En revanche, le conseiller parlementaire haraki a proposé de baser la philosophie du soutien public sur les résultats et l’évaluation des objectifs et de réviser les politiques territoriales et sociales adoptées.
M. Mellal a appelé aussi à accélérer l’application de la loi n° 31.08 relative à la protection des consommateurs et la création des institutions qui y sont prévues telles que le Conseil consultatif supérieur de la consommation et le Fonds national de protection des consommateurs, à soutenir les organisations de la société civile œuvrant dans le domaine de la protection des consommateurs, à créer une plateforme numérique des prix afin de révéler la structure des prix, de la production au consommateur, à consacrer la transparence en matière de suivi du plafonnement des prix.
De plus, le conseiller parlementaire haraki a plaidé en faveur de l’accélération de la cadence des travaux des mécanismes institutionnels chargés du suivi, du contrôle et de la régulation des prix, de la protection des consommateurs et de la lutte contre la spéculation, les monopoles, la fraude et la corruption.
D’autre part, M. Mellal a préconisé l’accroissement des investissements dans les énergies renouvelables afin de réduire la dépendance aux énergies fossiles, notamment les hydrocarbures, et la révision de la politique agricole actuelle axée sur les cultures destinées à l’exportation afin de placer la sécurité alimentaire des Marocains au cœur des priorités.
Le conseiller parlementaire haraki a appelé aussi à la modernisation et à la mise à niveau des marchés de gros et à se prévaloir d’une réelle volonté politique de lutter contre les intermédiaires et les spéculateurs qui contribuent à la hausse des prix.
Il convient de rappeler que le Groupe Haraki à la Chambre des Conseillers avait soutenu les deux propositions de lois relatives au plafonnement des prix des carburants et à la nationalisation de la raffinerie « La Samir » lors d’une séance plénière tenue le mardi 16 juin 2026, qui avaient été présentées par le groupe de la Confédération Démocratique du Travail (CDT), en présence de la ministre de l’Economie et des Finances, Mme Nadia Fettah, et du ministre délégué chargé des relations avec le Parlement, M. Mustapha Baïtas. En revanche, 29 conseillers parlementaires issus des partis de la majorité (Rassemblement National des Indépendants, Parti de l’Istiqlal et Parti Authenticité et Modernité), ainsi que les représentants de l’Union Générale des Travailleurs du Maroc (UGTM) avaient voté contre ces deux propositions de lois.
La proposition de loi relative au plafonnement des prix des carburants vise à confier aux pouvoirs publics la fixation les prix plafonds des carburants selon un mécanisme prenant en compte les cours internationaux, les coûts de transport et de stockage, ainsi que les marges bénéficiaires. Par ailleurs, la proposition de loi relative à la nationalisation de La Samir vise la cession des actifs de cette société à l’Etat afin de relancer les activités de raffinage de pétrole au Maroc. Par ce vote, la Chambre des Conseillers a rejeté les deux propositions de lois en séance plénière.
