MP/ Alia Rifi
M. Mohamed Ouzzine, membre du Groupe Haraki à la Chambre des Représentants, a adressé, le lundi 08 juin 2026 à Rabat, de vives critiques au gouvernement au sujet de sa gestion des dossiers éducatifs à travers l’adoption d’une démarche consistant à s’attaquer aux symptômes tout en ignorant les véritables maux, dévoilés par des indicateurs de crise et les dysfonctionnements structurels dont souffre le système dans son ensemble, ainsi que la violation des droits des élèves et des enseignants.
S’exprimant lors de la séance des questions orales mensuelles adressées au Chef du gouvernement au sujet de la politique générale, consacrée au thème « Le rôle du système d’éducation et de formation dans l’édification du Maroc émergent : les choix gouvernementaux et les perspectives », M. Ouzzine a affirmé que « le droit des citoyens à une éducation de qualité serait compromis en raison de l’accumulation d’une série de crises et l’échec retentissant des politiques de réforme et ce, à l’instar de leur droit à des soins de santé de qualité, à un logement décent et à l’emploi. C’est le cas également du droit au « sacrifice de l’Aïd Al-Adha » que le gouvernement avait promis d’assurer à des prix raisonnables. Cependant, vous avez échoué à honorer cette promesse malgré le soutien alloué, une bonne saison agricole et la privation des Marocains de l’accomplissement du rituel du sacrifice l’année précédente ». M. Ouzzine a également relevé la privation des citoyens d’une vie décente, mettant en lumière de nombreuses contradictions qui ont plongé les Marocains dans la précarité sous l’actuelle troïka gouvernementale.
S’adressant au Chef du gouvernement, M. Ouzzine a ajouté « nous débattons de la question de l’éducation pour la quatrième fois. La question qui est soulevée : quel est le sort des précédents débats ? (…) Nous vivons une confusion politique et une normalisation avec la rente et la corruption dans divers domaines, y compris l’éducation. Comment expliquez-vous ces contradictions à un peuple opprimé qui souffre énormément ? (…) Le développement ne se mesure pas au béton, mais à l’édification du capital humain. Monsieur le Chef du gouvernement, vous avez cerné les enseignants dans un cercle vicieux de marginalisation, derrière le langage des chiffres illusoires et des communiqués optimistes, tout en marginalisant leurs revendications légitimes ».
M. Ouzzine a poursuivi en affirmant que « les rapports nationaux et internationaux sur l’éducation révèlent la vulnérabilité du secteur, malgré les milliards de dirhams qui ont été alloués à ce secteur, affirmant « malheureusement, nous figurons parmi les dix premiers pays en termes de dépenses d’éducation et occupons le 71e rang dans ce domaine. Cela signifie que nous sommes parmi les dix premiers pays en matière de dépenses d’éducation, mais, étrangement, nous sommes parmi les dix derniers en termes de qualité de l’éducation ».
M. Ouzzine a ajouté « même les écoles pionnières que vous avez mises en place ont échoué. Nos écoles tentent de parler toutes les langues sauf la langue maternelle ».
Par ailleurs, M. Ouzzine a également abordé le dispositif anti-fraude déployé par le gouvernement lors des examens du baccalauréat, affirmant « au lieu de renforcer la confiance en les élèves, le ministère de tutelle avait assimilé tous les élèves à des « tricheurs ». Le gouvernement devait déployer un dispositif anti-fraude pour lutter contre la corruption dans tous les secteurs et le généraliser à différents domaines afin de démasquer les spéculateurs qui portent préjudice aux intérêts des citoyens et à leur pouvoir d’achat.
