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M. Sbaîi soulève à la Chambre des Conseillers le dossier du soutien au secteur du transport : 8,9 milliards de DH déboursés… mais quel a été leur impact réel sur les prix des produits de base ?

MP/zineb abou abdelah

M. M’barek Sbaîi, Président du Groupe Haraki à la Chambre des Conseillers, a soulevé le dossier du soutien public au secteur du transport, mettant la lumière sur l’impact limité de ce soutien sur la stabilisation des prix des produits de base et des services, dans un contexte marqué par la persistance de la hausse des prix des carburants et des coûts du transport, ainsi que par une pression croissante sur le pouvoir d’achat des ménages marocains.

Commentant la réponse du ministre du Transport et de la Logistique, lors de la séance des questions orales tenue le mardi 30 octobre 2026 à la Chambre des Conseillers, M. Sbaîi s’est interrogé sur l’efficience du dispositif de soutien du secteur du transport et l’équité de répartition de ce soutien, soulignant que le développement de ce secteur revêt une importance stratégique, compte tenu de son lien direct avec la dynamique économique et sociale, de sa contribution à la réussite des enjeux de développement territorial intégré et de son rôle dans l’accompagnement des grands chantiers engagés dans le Royaume, au premier rang desquels figure l’organisation de la Coupe du Monde de football.

Dans ce contexte, le Président du Groupe Haraki a rappelé le volume des crédits budgétaires alloués par l’Etat pour soutenir les professionnels du secteur du transport depuis 2022, soit environ 8,9 milliards de dirhams, dont 2,488 milliards de dirhams ont été déboursés entre janvier et septembre de l’année en cours. Toutefois, la persistance de la flambée des prix des produits de base et des services soulève, selon lui, une question fondamentale : dans quelle mesure l’impact de ce soutien est-il répercuté sur le consommateur final, et dans quelle mesure contribue-t-il à alléger les coûts du transport et à réguler les prix ?

À cet égard, M. Sbaîi a fait référence aux données du Haut-Commissariat au Plan (HCP), selon lesquelles 95,9 % des ménages marocains ont fait état d’une hausse des prix des denrées alimentaires au cours de l’année écoulée, tandis que 76,3 % d’entre eux ont confirmé une détérioration de leur niveau de vie. Il a indiqué que ces indicateurs remettent au premier plan la nécessité d’évaluer les mécanismes de soutien public, non seulement en termes de volume des crédits alloués, mais aussi au regard des résultats obtenus et de leur impact socio-économique.

Le Président du Groupe Haraki a également soulevé la question de la persistance, depuis 2022, de la hausse des tarifs dans le secteur du transport routier, alors que les professionnels de ce secteur soulignent que le soutien versé ne couvre qu’une partie des hausses enregistrées dans les prix des carburants. Il a considéré que remédier à cette situation requiert la mise en place de mécanismes mieux adaptés aux coûts réels supportés par les professionnels, afin de garantir un équilibre entre la pérennité de leur activité et la préservation du pouvoir d’achat des citoyens.

M. Sbaîi a également attiré l’attention sur la problématique de l’absence d’une distinction entre les différentes catégories de transport, les distances parcourues et les spécificités territoriales des trajets, en raison de l’institution d’un soutien forfaitaire uniforme qui ne prend pas en compte les disparités au niveau des charges de fonctionnement.

À cet égard, M. Sbaîi a évoqué la différence existante entre un autocar reliant Tanger à Tinghir et un autre assurant la liaison entre Rabat et Mohammedia, bien que les deux bénéficient du même montant de soutien, fixé à 7.000 dirhams, estimant que l’équité du soutien exigerait de prendre en considération la nature de l’activité, la distance parcourue et les coûts réels engagés.

Les remarques émises par le Président du Groupe Haraki ne se sont pas limitées aux modalités de répartition du soutien, mais ont également porté sur la situation des conducteurs professionnels, notamment ceux opérant dans le secteur des taxis qui supportent directement le poids de la hausse des prix des carburants, sans pour autant bénéficier directement du soutien alloué aux propriétaires des véhicules ou aux détenteurs des agréments d’exploitation. Selon M. Sbaîi, cela soulève la nécessité de réviser les mécanismes d’octroi de ce soutien afin de garantir l’équité à l’égard du conducteur professionnel ; étant un acteur essentiel dans la prestation du service de transport et la prise en charge d’une part significative de ses coûts de fonctionnement.

Dans ce cadre, M. Sbaîi a appelé à examiner l’adoption du dispositif de « gasoil professionnel subventionné », selon des règles claires et des mécanismes précis de contrôle et de gestion, de manière à garantir l’orientation du soutien vers les professionnels éligibles et sa corrélation à la consommation professionnelle effective, tout en limitant les dysfonctionnements susceptibles d’affecter ce dispositif.

Le Président du Groupe Haraki s’est également interrogé sur le projet de création de sociétés régionales dédiées à la collecte et à la distribution de produits de base, appelant le gouvernement à apporter des clarifications quant aux modalités de création et de déploiement de ces sociétés, ainsi que sur leurs rôles dans l’organisation des chaînes de distribution et la réduction des coûts d’intermédiation et de transport, de manière à contribuer à l’amélioration de l’approvisionnement des marchés et à la limitation de la hausse des prix des produits de base. Il a affirmé, dans ce sens, que ces questions font ressortir la nécessité d’une refonte globale du dispositif de soutien du secteur du transport, afin de le rendre mieux ciblé, plus en phase avec la réalité économique et territoriale, et plus équitable à l’égard des différents professionnels, tout en renforçant son impact sur le coût des services et les prix des marchandises.

En effet, l’enjeu ne réside pas uniquement dans le volume des fonds injectés par l’Etat pour soutenir le secteur, mais dans leur degré de répercussion sur le quotidien des citoyens. L’efficacité du soutien demeure tributaire de sa capacité à alléger les coûts de transport, à assurer l’équité envers les professionnels et à contribuer à la protection du pouvoir d’achat des ménages. Selon le Président du Groupe Haraki à la Chambre des Conseillers, il est question en fait d’éviter que les efforts budgétaires publics ne soient déconnectés des résultats escomptés.

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