MP/ Alia Rifi
Dans une intervention politique percutante, porteuse de messages nationaux et diplomatiques clairs, prononcée le lundi 02 novembre 2026 à la Chambre des Représentants, M. Mohamed Ouzzine, membre du Groupe du Mouvement Populaire à la Chambre des Représentants, a replacé les récents développements au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies concernant la question du Sahara marocain dans leur contexte politique et historique. Il a souligné, à cet égard, que si le veto russe a permis de faire échec au projet de résolution, il n’a en rien entamé la portée politique du vote de 11 Etats en faveur de cette résolution, ni occulté l’ampleur du soutien international dont bénéficie la proposition marocaine d’autonomie sous souveraineté nationale.
Pour son intervention, M. Ouzzine a choisi un titre éloquent : « Au Conseil de sécurité, le veto de la défection a été brandi face au pays de la sécurité, de la sérénité, de la tolérance et de la quiétude », estimant que ce qui s’est passé dans les coulisses du Conseil de Sécurité ne relève pas d’un simple vote anodin ou d’une confrontation procédurale entre Etats. Il a souligné qu’il s’agit plutôt d’une étape politique et diplomatique qui exige une analyse approfondie des indicateurs qui en ont émergé, ainsi que des perspectives qu’elle ouvre pour mettre fin à un conflit qui a épuisé la région pendant des décennies.
Intervenant lors d’une séance conjointe de la Chambre des Représentants et de la Chambre des Conseillers, consacrée aux derniers développements de la cause nationale, le député parlementaire haraki a souligné que l’humanité ne se mesure pas à la logique de la force, mais à la force de la logique, affirmant que le droit ne saurait être invalidé par des manœuvres, ni occulté par des positions passagères. Il a estimé que la signification fondamentale des récents développements réside dans l’ampleur du soutien recueilli par le projet de résolution, ainsi que dans la poursuite de la consécration de la proposition d’autonomie dans le cadre de la souveraineté marocaine comme étant le référentiel adopté pour une solution politique du conflit.
Analysant la position russe, M. Ouzzine a estimé que l’exercice du droit de veto ne saurait effacer la réalité des positions exprimées par la majorité des membres du Conseil de Sécurité, ni faire régresser le conflit vers ses prémisses géopolitiques obsolètes, indiquant que l’enjeu actuel consiste à tirer parti des transformations diplomatiques accumulées, plutôt que de laisser perdurer la logique de l’immobilisme et de reproduire des postures qui, au fil des décennies, n’ont fait que prolonger le conflit et aggraver les souffrances des populations.
M. Ouzzine a exprimé son étonnement face à la position russe, évoquant l’expérience de l’ex-Union Soviétique marquée par la désintégration et le morcellement et indiquant que cette expérience aurait dû servir de leçon par rapport à l’importance de défendre l’unité des États et leur intégrité territoriale, au lieu de s’aligner sur des thèses séparatistes, des entités minuscules ou des vestiges de la Guerre froide.
D’un ton ferme, M. Mohamed Ouzzine a réaffirmé que la question du Sahara marocain ne saurait faire l’objet de marchandages ou de surenchères, soulignant qu’il s’agit, au contraire, de la cause d’une nation et d’une patrie et fait l’objet d’un consensus national inébranlable ; une cause où l’unité des rangs prime sur les divergences de positions et où l’intérêt supérieur de la nation prévaut sur tous les calculs conjoncturels. Il a souligné, en outre, que la position marocaine est claire et immuable : aucun marchandage au sujet de la marocanité du Sahara, aucune hésitation dans la défense de l’intégrité territoriale du Royaume et aucune concession concernant la souveraineté nationale, le tout sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI que Dieu L’assiste.
M. Ouzzine, qui occupe également la fonction de Vice-président de la Chambre des Représentants, n’a pas isolé la question du Sahara marocain de ses prolongements maghrébins, exprimant son regret face à la rupture persistante entre le Maroc et l’Algérie, malgré les liens de sang, de langue, d’histoire, de foi et de destin commun qui unissent les deux peuples. Il a indiqué, à cet égard, que ce conflit artificiel n’a pas seulement épuisé les deux pays, mais a également privé l’ensemble des peuples de l’Union du Maghreb Arabe de précieuses décennies de développement, d’intégration et de coopération, faisant perdre de réelles opportunités de bâtir un espace régional fondé sur le bon voisinage et les intérêts communs.
Dans un message marquant, M. Ouzzine s’est adressé aux nouvelles générations en Algérie, les invitant à s’affranchir des séquelles de la Guerre froide et des rancœurs du passé et à se tourner vers un nouvel avenir maghrébin, où la logique du développement, de la coopération et de la synergie primerait sur celle du conflit et de la rupture, et où les peuples pourraient ressaisir l’opportunité de construire un destin commun, loin des calculs régionaux étriqués.
Par ailleurs, M. Ouzzine a souligné que l’étape actuelle exige de passer de la logique de gestion du conflit à la logique de l’exploitation des conditions propices à une solution définitive, évoquant à cet égard l’expérience accumulée depuis 1991, laquelle a démontré, selon ses termes, que la poursuite de l’adoption des mêmes mécanismes, sans réexamen de leur pertinence et de leur utilité, ne saurait constituer une stratégie durable pour résoudre un conflit qui n’a que trop duré.
Dans ce contexte, M. Ouzzine s’est attardé sur le débat suscité par la dernière réunion du Conseil de Sécurité concernant l’avenir de la MINURSO, les interrogations relatives à sa dénomination, sa structuration et ses missions, ainsi que le degré d’adéquation des mécanismes onusiens avec les transformations politiques et les réalités sur le terrain. Il a indiqué, dans ce sens, que l’étape actuelle exige de dépasser la logique de l’immobilisme pour adopter une approche qui tire parti des mutations en cours, afin de rapprocher la perspective d’une solution politique définitive.
M. Ouzzine n’a pas manqué d’évoquer la dimension humanitaire dans son intervention, mettant en lumière la souffrance des personnes séquestrées dans les camps de Tindouf et soulignant que derrière les déclarations et les positions diplomatiques, se cache une véritable tragédie humaine et des générations entières se sont retrouvées otages d’un conflit artificiel, privées de conditions de vie dignes, de liberté de choix, de liberté de mouvement et du droit de déterminer leur propre avenir.
M. Ouzzine a mis l’accent sur le fait qu’aucune solution politique définitive ne saurait être complète sans mettre un terme à ce drame humain, garantir les libertés fondamentales et ouvrir des perspectives de retour, d’intégration et de réconciliation, en rupture avec la logique consistant à monnayer la souffrance des êtres humains ou à les instrumentaliser au service de calculs régionaux étriqués. Il a également appelé l’Algérie à faire preuve du courage politique nécessaire et à s’engager de manière constructive dans la recherche d’une solution réaliste, susceptible de mettre un terme à la situation de blocage et aux souffrances des populations, après des décennies d’attentisme.
En guise de conclusion de son intervention, M. Ouzzine a tenu à rendre un hommage solennel aux Forces Armées Royales, à la Gendarmerie Royale, à la Sûreté Nationale, aux Forces Auxiliaires, à la Protection Civile et aux autorités territoriales, en reconnaissance de leurs immenses sacrifices pour la défense de l’unité, de la sécurité et de la stabilité de la patrie. Il a également salué les populations des Provinces du Sud du Royaume, louant leur esprit unitaire et leur engagement dans le processus de développement durable dans cette partie chère du territoire national.
Dans le même ordre d’idées, M. Ouzzine a réitéré son appel à ses frères sahraouis marocains, séquestrés et confinés dans les camps de Tindouf, à regagner leur mère patrie et à rejoindre la marche d’unité et de développement amorcée depuis des décennies dans les Provinces du Sud. Il a exhorté les Nations Unies et ses organes compétents à intervenir d’urgence pour lever ce blocus et mettre fin aux souffrances des personnes séquestrées, affirmant que le moment est venu de passer de la simple gestion du conflit à la création des conditions nécessaires à sa résolution, et de dépasser les complexités du passé pour saisir les opportunités de l’avenir.
M. Ouzzine a conclu son intervention en réaffirmant que la marocanité du Sahara ne saurait faire l’objet de marchandages ou de surenchères, soulignant qu’il s’agit plutôt d’une question de souveraineté, d’unité et de consensus national. Il a précisé que l’enjeu actuel est de tourner définitivement la page de ce conflit artificiel et d’ouvrir un nouvel horizon de paix, de stabilité, de développement et d’intégration maghrébine, sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste.
Voici le texte de l’intervention du député et vice-président de la Chambre des représentants, Mohamed Ouzzine :
