*Par Dr Khadija El Gour
Lorsque le pouvoir d’achat des Marocains est en jeu, il n’y a pas de place pour les calculs politiciens étriqués. Le devoir dicte de se ranger aux côtés du citoyen et de défendre son droit à une vie digne.
La discussion de la proposition de loi relative au plafonnement des prix des carburants à la Chambre des Conseillers a constitué un moment politique important, car il a remis au premier plan l’une des questions les plus intimement liées au quotidien des citoyens. En effet, les prix des carburants influent non seulement sur les coûts du transport, mais aussi directement sur les prix des produits alimentaires, des services et les coûts de production, et par conséquent, sur le pouvoir d’achat des familles marocaines et la compétitivité de l’économie nationale.
Dans cette perspective, la position du Mouvement Populaire a été claire et cohérente avec son histoire sociale et son engagement indéfectible aux côtés des classes moyennes et vulnérables. Il a choisi de soutenir la proposition visant à limiter les hausses injustifiées des prix des carburants, ainsi que toutes les initiatives susceptibles de protéger le pouvoir d’achat des citoyens et de consolider l’équilibre entre la logique du marché et les exigences de l’équité sociale.
Cette proposition de loi ne se limitait pas seulement au plafonnement des prix des carburants, mais comprenait également un appel à la reprise en main par l’Etat de la raffinerie « La Samir » ; étant un actif national d’une grande importance stratégique. La remise en production de cette raffinerie renforcerait la sécurité énergétique du Royaume, augmenterait ses capacités de stockage et de raffinage et réduirait la dépendance du marché national par rapport aux fluctuations extérieures. Il ne s’agit pas simplement d’une infrastructure économique, mais d’un des instruments de la souveraineté nationale, de plus en plus nécessaire au regard des transformations internationales accélérées et des crises successives que connaît le monde.
Le Mouvement Populaire a été le seul parti d’opposition à soutenir cette orientation, aux côtés des centrales syndicales, partant d’une conviction ancrée que le rôle de l’opposition n’est pas de rejeter pour rejeter, mais de défendre les véritables causes des citoyens et de proposer des alternatives à même de servir l’intérêt général.
Bien que la majorité ait choisi de rejeter cette proposition de loi en séance plénière, l’essence du débat demeure intacte. Les Marocains attendent des solutions concrètes et un véritable courage politique pour faire face aux conséquences de la hausse des prix et renforcer la sécurité énergétique nationale, et non de simples justifications techniques ou économiques sans incidence sur leur quotidien.
Défendre le pouvoir d’achat n’est ni une position conjoncturelle ni un slogan électoraliste éphémère. Il s’agit d’un engagement national et moral envers les millions de familles marocaines qui font face chaque jour aux pressions et aux défis de la vie. De plus, défendre la souveraineté énergétique du Royaume, c’est défendre l’avenir des générations futures et le droit du Maroc à disposer d’outils stratégiques pour garantir sa sécurité économique.
Au sein du Mouvement Populaire, nous demeurerons convaincus que la véritable politique ne se mesure pas au nombre de sièges, mais à la capacité d’exprimer les attentes des citoyens et de défendre leurs intérêts. C’est pourquoi nous avons choisi, et continuerons de choisir, de nous ranger aux côtés du citoyen marocain et de défendre sa dignité et son droit de jouir d’une vie digne et de la justice sociale.
* Présidente de l’Organisation des Femmes Harakies
