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Le Contrat Haraki : De la course des positions et des promesses électorales à la construction d’une vision pour un Maroc de la justice, de l’équité et du développement

Par Khadija El Gour *
A l’approche des échéances électorales, le paysage politique marocain semble glisser progressivement pour réduire la compétition politique à une seule question : qui arrivera en tête ? Une lutte pour les positions, les promesses et les chiffres, pour savoir qui offrira plus aux citoyens, qui baissera davantage les prix, qui offrira davantage de soutien et qui promettra d’améliorer plus rapidement le pouvoir d’achat.

Le pouvoir d’achat est sans aucun doute une question légitime et fondamentale, car il concerne directement la vie quotidienne des citoyens et citoyennes. Cependant, réduire les attentes des Marocains à la seule question du pouvoir d’achat est une vision réductrice et inéquitable des aspirations de toute une société. Le citoyen marocain ne revendique pas seulement de consommer plus ; il veut vivre mieux, vivre avec dignité, être un acteur à part entière dans la construction de sa nation et que la responsabilité soit corrélée à la reddition des comptes.

Le citoyen marocain voudrait une école publique qui offre à ses enfants des chances égales de réussite, un hôpital public où il puisse recevoir des soins en dignité et un emploi qui lui assure stabilité et perspectives d’évolution. Il souhaiterait que le mérite et la compétence soient les critères d’accès aux opportunités. Il aspire à la justice sociale, à la moralisation de la vie publique dynamique et à sa juste part des richesses produites par son pays et des fruits du développement qu’il contribue à créer.

Le citoyen n’est pas un simple chiffre électoral, ni un simple consommateur dont le statut se mesure à son pouvoir d’achat. Il est un citoyen à part entière, à la fois social, économique, politique et national.

Par conséquent, le débat politique ne devrait pas se limiter aux questions de prix, de subventions et du pouvoir d’achat, comme si les Marocains ne se souciaient pas de l’avenir de leur pays, de la place du Maroc dans son environnement africain et international, de ses choix stratégiques, de ses grands projets, ni de l’avenir de leurs enfants.

Le citoyen souhaiterait vivre aujourd’hui dans la dignité, mais il souhaiterait aussi savoir quel Maroc nous préparons demain pour ses enfants.
C’est là que réside la responsabilité de la politique : considérer le citoyen comme un acteur et un partenaire du développement, et non comme un simple destinataire des politiques publiques ou un bénéficiaire de leurs résultats.

Lorsque Sa Majesté le Roi, que Dieu L’assiste, souligne que le Maroc a accompli des acquis et des réalisations importantes et que la prochaine étape exige de placer le citoyen au cœur du processus de développement, il ne s’agit pas là d’un slogan éphémère, mais d’une orientation claire visant à changer la manière dont les politiques publiques sont formulées.

Placer le citoyen au cœur du développement signifie que la croissance économique ne peut être une fin en soi, mais plutôt un moyen de créer des opportunités d’emplois, de garantir la justice territoriale, d’améliorer les services publics, d’élargir l’égalité des chances et de rehausser effectivement le niveau de vie des citoyens. Cela signifie également que l’investissement ne doit pas être jaugé uniquement à l’aune de son volume, mais de sa capacité à générer de la richesse et des opportunités d’emplois dans les territoires et à transformer le développement de simples indicateurs et chiffres en un impact palpable sur la vie des citoyens.

Cela implique que les politiques publiques devraient émaner du véritable Maroc, dans toute sa diversité : des villes aux villages, des zones montagneuses aux oasis, des zones rurales aux zones frontalières, et des centres urbains aux zones encore loin de bénéficier pleinement de la dynamique nationale.

La justice territoriale signifie que le lieu de naissance ou de résidence d’un citoyen ne doit pas déterminer ses opportunités d’éducation, de santé, d’emploi et d’ascension sociale.

C’est précisément dans cette perspective que le parti du Mouvement Populaire a choisi de présenter son Contrat haraki et son alternative politique, plutôt que de se livrer à un simple exercice électoral fondé sur une litanie de promesses et d’engagements.

L’expérience politique a démontré les limites d’une politique fondée sur une multitude de promesses et la présentation d’engagements chiffrés qui peuvent sembler séduisants dans le discours électoral, mais qui ne se concrétisent pas toujours. La valeur d’une promesse électorale ne réside pas dans son envergure, mais dans sa faisabilité et la clarté de la vision sur laquelle elle repose.

La politique n’est pas une surenchère de chiffres, mais une compétition de visions et de capacités à les transformer en réalité.

La question qui devrait précéder toute promesse électorale est la suivante : quel modèle de développement voulons-nous pour le Maroc ? Et quelle place voulons-nous que le citoyen marocain occupe dans ce modèle ?

En ce sens, le Contrat Haraki n’est pas une simple liste de promesses, mais une vision de transformation, fondée sur les véritables leviers de création de la richesse et de promotion de la justice sociale et territoriale.

Nous souhaitons un développement territorial équilibré et des petites et moyennes entreprises (PME) capables de croissance, d’investissement et de création d’emplois, car elles figurent parmi les principaux moteurs de la création de richesse, des opportunités d’emploi et de l’innovation dans les territoires. Elles ont besoin d’un environnement économique et institutionnel favorable à leur développement, ainsi que d’un accès plus équitable au financement, aux marchés et aux marchés publics.

Quant au pouvoir d’achat, son traitement durable ne passe pas uniquement par l’octroi de subventions ou la baisse des prix, mais par l’augmentation des revenus, la création d’opportunités d’emplois, la stimulation de la production nationale, l’amélioration des circuits de distribution et le traitement des dysfonctionnements qui renchérissent le coût de la vie.

Nous voulons réhabiliter l’école publique, car l’égalité des chances commence de l’école à l’hôpital public, car la dignité du citoyen et son droit à la santé ne doivent pas dépendre de sa capacité à prendre en charge les frais du secteur privé.

Nous souhaitons que les femmes soient des partenaires à part entière dans le développement économique, social et politique, en particulier les femmes rurales, les femmes ouvrières, les femmes du secteur agricole et celles qui travaillent dans les secteurs vulnérables et informels. L’autonomisation des femmes ne se réduit pas à la représentation ; elle commence par l’autonomie économique et sociale, la reconnaissance de la valeur de leur contribution à l’économie nationale et la garantie des conditions de leur pleine participation à la prise de décision.

Nous souhaitons également que la protection sociale devienne un tremplin vers l’autonomisation et l’ascension sociale, et non un simple mécanisme visant à atténuer les conséquences des disparités. Il ne s’agit pas seulement de redistribuer les effets des dysfonctionnements, mais de s’attaquer aux causes profondes de la pauvreté, de la vulnérabilité et de l’exclusion.
Cependant, l’avenir du Maroc ne peut se construire sans placer la jeunesse au cœur du projet national.

Nous avons suivi, avec une profonde tristesse, les scènes d’une migration massive de jeunes marocains en quête d’un avenir à l’étranger – des moments qui ont laissé une profonde cicatrice dans notre mémoire collective. Nous ne devons pas nous contenter de les déplorer ; nous devons œuvrer pour qu’aucun jeune Marocain ne pense plus jamais que son avenir se trouve ailleurs.

Ce qui est requis, ce n’est pas dire aux jeunes de « rester », mais leur donner de véritables raisons de rester.

Cela commence par une éducation et une formation qui ouvrent les portes de l’avenir, avec des opportunités d’emploi, d’initiative et d’entrepreneuriat, des espaces dédiés à la culture, à l’innovation et au sport, un accès équitable aux opportunités et de réelles perspectives d’ascension sociale.

Les jeunes Marocains n’ont pas besoin de discours de compassion ; ils ont besoin d’un Etat qui croit en leurs capacités, d’une économie qui leur ouvre des portes, d’institutions qui leur offrent des opportunités et d’une patrie où ils sentent qu’ils peuvent construire leur avenir.

En même temps, l’avenir du Maroc repose sur sa capacité à se préparer aux grandes transformations technologiques. L’intelligence artificielle et la transformation digitale ne sont plus un défi à reporter ; elles sont devenues une réalité qui remodèle l’économie, l’éducation, le travail, l’administration et les services.

Il ne suffit donc pas de consommer la technologie ; nous devons avoir la capacité de la produire et de l’exploiter, de doter notre jeunesse de nouvelles compétences, d’accompagner les entreprises et les administrations et de réduire la fracture numérique entre les catégories et les secteurs.

La question à laquelle nous devons répondre politiquement est : que voulons-nous faire de la digitalisation, et qu’attendons-nous de la transformation digitale ?
Nous souhaitons une digitalisation qui rapproche l’administration des citoyens, rende les services plus rapides et plus transparents et l’économie plus compétitive, ouvre de nouvelles perspectives aux jeunes et positionne le Maroc comme un acteur, et non un plus simple bénéficiaire de l’économie de demain.

Dans ce contexte de transformations, l’ouverture sur le monde ne devrait pas se faire pour autant au détriment de l’identité marocaine. Les Marocains aspirent à être modernes et ouverts, mais souhaitent rester attachés à leurs racines, mémoire et culture.

L’identité n’est pas un retour au passé, mais plutôt une confiance en soi qui nous permet de s’engager dans l’avenir sans nous perdre.

Par conséquent, le débat sur l’identité doit faire partie intégrante du débat politique responsable : un débat sur la langue et la culture, les divers affluents de l’identité marocaine, les valeurs de citoyenneté et d’appartenance, et la manière de transmettre cet héritage aux nouvelles générations dans un monde ouvert et en constante transformation.

Mais notre responsabilité politique ne se limite pas aux questions sociales et économiques. Le Maroc traverse une phase de transformation historique. Sa situation géostratégique, son ancrage africain, ses relations internationales, ses grands projets, ses infrastructures et son influence croissante dans son environnement régional et international, sans oublier la défense de son intégrité territoriale, sont autant de questions incontournables dans tout projet politique sérieux.

Nous ne pouvons pas nous adresser au citoyen uniquement sous l’angle des prix et des subventions et lui demander ensuite de devenir un partenaire dans l’avenir de la nation.

علينا أن نتحدث معه عن التنمية والسيادة، وعن الشباب والتنافسية، وعن عمقنا الإفريقي، وعن وحدتنا الترابية، وعن المكانة التي نريد للمغرب أن يحتلها في عالم سريع التحول، وعن الدور التاريخي والاستراتيجي للمؤسسة الملكية في ضمان استمرارية الدولة واستقرارها، والدفاع عن المصالح العليا للوطن وتعزيز مكانة المغرب وإشعاعه.

La compétition partisane est légitime et nécessaire, mais l’intérêt national suprême doit demeurer un élément fédérateur qui ne doit être éclipsé par des calculs électoralistes conjoncturels.
Tel est le cœur de l’alternative proposée par le parti du Mouvement Populaire.

Notre ambition n’est pas simplement de remplacer une équipe gouvernementale par une autre, mais de proposer une vision différente du service public et de la gestion des affaires publiques : une économie créatrice de richesse et d’emplois, une école qui prépare nos enfants à l’avenir, un hôpital public qui protège la santé et la dignité des citoyens, des entreprises capables d’investir et d’employer, une protection sociale qui ouvre la voie à l’autonomisation, une politique qui fait des femmes et des jeunes des partenaires à part entière, une vision digitale qui anticipe les transformations, une identité nationale confiante en elle-même et ouverte sur le monde et une gouvernance qui restaure la confiance entre les citoyens et les institutions.

A ce stade, où chacun semble vouloir prouver qu’il sera le premier, il est essentiel de rappeler une vérité fondamentale : arriver en tête aux élections n’est pas une fin politique en soi.
إن احتلال المرتبة الأولى في الانتخابات ليس غاية سياسية في حد ذاته.

La valeur d’une victoire électorale ne se mesure pas uniquement au classement, mais à la capacité de mener à bien un projet capable d’accompagner les profondes transformations que connaît la société marocaine et de répondre à ses aspirations.

Dès lors, la véritable question n’est pas simplement : Qui sera le premier ? Mais plutôt : Qui a une vision pour le Maroc ? Qui peut comprendre les préoccupations sociales et les transformer en confiance, la frustration en opportunité et l’attentisme en participation ? Qui donnera aux jeunes une raison de rêver ici, dans leur pays, plutôt que de chercher leurs rêves ailleurs ? Et qui fera en sorte que les citoyens se sentent acteurs de la prise de décision, de la prospérité, du développement et de la construction de l’avenir de leur pays ?
C’est là que le débat politique doit avoir lieu, et c’est précisément là que le parti du Mouvement Populaire a pris position, en présentant sa vision et son alternative politique.

Le Maroc que nous souhaitons demain ne se construira pas sur des promesses vaines, mais sur une vision, des institutions fortes, des territoires dynamiques, une économie productive, une école équitable, une santé qui préserve la dignité, des femmes et des jeunes actifs, une société fière de son identité, une économie digitale compétitive et des citoyens libres qui sentent que la nation leur appartient et que le développement est à la fois leur droit et leur devoir.

Car notre véritable ambition ne doit pas se limiter à gagner des élections, mais à contribuer à bâtir l’avenir du Maroc.

* Présidente de l’Organisation des Femmes Harakies

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