Dans cet entretien avec l’Agence Maghreb Arabe Presse (MAP), le Secrétaire général du parti, M. Mohamed Ouzzine, revient sur les principaux enjeux de cette échéance électorale, tout en exposant les grandes lignes des préparatifs organisationnels et contractuels du parti, ainsi que ses ambitions.
1-Quels sont les enjeux majeurs de ces élections législatives ?
Au moment où les partis se livrent à une course pour remporter des sièges, le véritable enjeu pour nous, au sein du Mouvement Populaire, consiste à restaurer la confiance du citoyen marocain. N’oublions pas que les attentes des citoyens étaient élevées en raison des précédentes promesses électorales. Toutefois, la réalité n’a pas reflété ces attentes au niveau de la mise en œuvre, ce qui a engendré un sentiment de frustration chez le citoyen, accentuant ainsi la crise de confiance et nourrissant la désaffection politique.
Aujourd’hui, à travers notre discours et nos organisations parallèles, nous nous attachons, à travers la communication avec nos concitoyens, à souligner l’impérieuse nécessité de s’impliquer dans la vie politique. En effet, il ne saurait exister de démocratie représentative en l’absence d’institutions élues. Dès lors, le cœur du débat actuel est de savoir si ces institutions élues sont capables de représenter la volonté et les aspirations des citoyens.
2-Comment le parti se prépare-t-il à ces échéances électorales ? Et comment s’emploie-t-il à reconquérir la confiance des électeurs ?
Nous ne présentons ni un projet ni un programme politique, nous proposons plutôt un pacte. La différence réside dans le fait que le programme comprend des promesses, tandis que le pacte comprend des engagements soumis à une évaluation directe. Le programme contractuel du parti du Mouvement Populaire que nous avons présenté comprend près d’une trentaine de mesures pragmatiques, des actions qui ne requièrent pas d’importants moyens, mais qui exigent une véritable volonté politique.
S’agissant du renouvellement des élites, le parti du Mouvement Populaire a su insuffler un sang neuf dans ses rangs en intégrant une nouvelle génération de compétences, tout en capitalisant sur ses symboles et figures de proue. Nous avons également opéré une ouverture sur la société à travers la création d’alliances des médecins, des ingénieurs et des avocats, que nous considérons comme un véritable vivier de compétences. L’objectif est de proposer de profils issus d’une nouvelle génération de jeunes et de femmes aux compétences avérées. En effet, l’édification de l’avenir ne pourrait s’opérer en s’appuyant sur des slogans creux ou des pratiques obsolètes ; c’est un souffle nouveau qui s’exprime désormais, porté par des jeunes et des femmes dotés d’une vision novatrice pour le Maroc de demain.
S’agissant de la candidature des femmes, le parti du Mouvement Populaire est parmi les fervents défenseurs de la femme. Il faudrait néanmoins reconnaître, aujourd’hui, que peu de femmes souhaitent se présenter aux élections locales, privilégiant plutôt la liste régionale. C’est pourquoi, lors de la discussion de la refonte du système électoral, nous avons proposé l’adoption de mesures incitatives, parmi lesquelles figure notamment un financement exceptionnel destiné aux candidates au niveau local.
Certains facteurs entravent la participation des femmes au niveau local. Nous serions ravis de voir davantage de femmes se présenter aux élections locales.
3-Quelles sont les aspirations du parti lors de ces échéances législatives ?
À l’instar de tous les partis, notre ambition est d’occuper les positions les plus avancées, voire d’être aux premiers rangs. Néanmoins, comme je l’ai déjà souligné, notre préoccupation majeure demeure la restauration de la confiance. Nous ne saurions convoiter des sièges électoraux en l’absence de cette confiance que nous souhaitons restituer à la chose politique.
Participer à la gestion de la chose publique est une ambition légitime pour tout parti. Sinon, pourquoi sommes-nous engagés en politique ? Nous voulons occuper des positions avancées, voire la première place, car nous avons la présence, la capacité d’attraction et les compétences nécessaires. Nous méritons d’être aux premiers rangs.
S’agissant des alliances politiques, il m’est impossible de me prononcer à ce stade puisque, à notre grand regret, les coalitions au Maroc ne s’esquissent guère en amont du scrutin, mais se forgent a posteriori. En tout état de cause, nous demeurons au service de la patrie quelle que soit la position que nous occuperons. Il n’est pas nécessaire pour cela d’être dans la majorité ou dans l’opposition.
