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M. Drissi : Pas d’innovation sans financement et pas de développement sans une université forte et une équité territoriale

MP/zineb abou abdelah

M. Abderrahmane Drissi, membre du Groupe Haraki à la Chambre des Conseillers, a souligné que le développement de la recherche scientifique et de l’innovation au Maroc ne relève plus d’un simple chantier académique qui concerne exclusivement les universités et les centres de recherche, mais qu’il s’agit désormais d’un enjeu stratégique lié à l’avenir de l’économie nationale, à sa capacité à accompagner les mutations internationales et à renforcer son autonomie technologique et cognitive. Il a insisté, dans ce sens, sur le fait que la concrétisation de ces ambitions exige de remédier aux dysfonctionnements structurels qui limitent encore la performance de l’université marocaine, ainsi que sa capacité à produire des connaissances et à les transformer en valeur économique et sociale.

Commentant au nom du Groupe Haraki la réponse du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, M. Azzedine El Midaoui, lors de la séance des questions orales à la Chambre des Conseillers, tenue le mardi 27 octobre 2026, M. Drissi a soulevé plusieurs problématiques auxquelles le gouvernement est confronté, à savoir notamment la faiblesse du financement de la recherche scientifique, l’exode des compétences, les disparités territoriales de l’offre universitaire, ainsi que les conditions sociales et professionnelles au sein du système de l’enseignement supérieur.

M. Drissi a noté que le Maroc aspire à renforcer sa position parmi les économies émergentes et parie sur des secteurs stratégiques exigeant innovation et développement technologique, alors que nombreux établissements universitaires souffrent encore d’un déficit en matière d’équipements, de laboratoires et de moyens nécessaires à la recherche et développement. Il a également pointé du doigt la faiblesse des crédits budgétaires alloués à ce domaine qui ne dépassent pas 0,80 % du PIB, s’interrogeant sur la capacité de l’investissement public actuel à accompagner les ambitions affichées en matière d’économie de la connaissance.

M. Drissi a ajouté que la faiblesse des moyens et des incitations, tant professionnelles que matérielles, ne nuit pas seulement à la production scientifique, mais contribue également à accentuer l’exode des compétences marocaines vers l’étranger, en quête de meilleures conditions de travail et d’innovation. Selon lui, cela impose la mise en place d’un environnement scientifique et professionnel stimulant, garantissant la stabilité aux chercheurs, valorisant leur expertise et les encourageant à contribuer au développement national.

S’agissant de l’équité territoriale, M. Drissi a appelé le gouvernement à accélérer la concrétisation des projets universitaires attendus à Midelt, Tinghir et Zagora, estimant que le retard persistant dans la mise en place de ces établissements consacre les disparités en matière d’accès à l’enseignement supérieur et prive ces zones d’un levier essentiel pour la qualification de leurs ressources humaines et la dynamisation de leur développement.

D’autre part, M. Drissi a soulevé la nécessaire révision des frais appliqués aux programmes de Master et de Doctorat dans le cadre de temps aménagé, destinés aux fonctionnaires et aux salariés, préconisant également une revalorisation des bourses universitaires, une refonte des critères d’éligibilité et la garantie de leur versement selon une périodicité mensuelle. Il a en outre insisté sur la nécessité d’élargir l’offre de logement universitaire, notamment au profit des étudiants issus de zones éloignées, dans un contexte marqué par la hausse du coût de la vie et du loyer.

Par ailleurs, M. Drissi a souligné l’importance de parachever la mise en œuvre du statut particulier des cadres de l’enseignement supérieur et d’assurer une application optimale des nouvelles dispositions législatives, afin de garantir la stabilité professionnelle, la motivation des acteurs du secteur et l’amélioration de la performance des établissements universitaires.

Le conseiller parlementaire haraki a ajouté que le véritable défi ne réside pas dans la multiplicité des programmes et des réformes annoncés, mais plutôt dans leur capacité à générer un changement concret au sein de l’université et de la recherche scientifique. A cet égard, il a appelé le gouvernement à accroître les investissements dans la recherche et développement, à rendre justice aux chercheurs, à endiguer l’exode des compétences, à accélérer les projets universitaires en souffrance, à améliorer les conditions sociales des étudiants et à arrimer la recherche scientifique aux besoins de l’économie nationale.

En conclusion, M. Drissi a souligné que l’ambition du Maroc de parvenir à une souveraineté industrielle, technologique et économique est tributaire de la réalisation d’une véritable souveraineté en matière de connaissances. Il a rappelé, dans ce sens, que la recherche scientifique constitue un investissement dans le capital humain et national, et que l’université est un espace de production de la connaissance, de la formation des compétences et de l’innovation, et non un simple établissement voué à la délivrance de diplômes.

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