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Le député parlementaire Mohamed Ouzzine interpelle le ministre Bensaïd au sujet des doubles standards s’agissant de la rente des audiences et de la ruée vers le soutien public

MP/zineb abou abdelah

M. Mohamed Ouzzine, membre du Groupe Haraki à la Chambre des Représentants, a adressé une question écrite au ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, M. Mohamed Mehdi Bensaïd au sujet des doubles standards s’agissant dans la rente des audiences et de la ruée vers le soutien public.

Dans sa question écrite, le député parlementaire haraki a affirmé « nous nourrissions l’espoir de discuter des moyens de soutenir les médias afin de préserver la conscience nationale et de renforcer le front interne, mais nous nous sommes retrouvés face à « une hégémonie numérique » qui suscite des soupçons », faisant allusion à une tribune médiatique, connue pour la futilité et la vacuité des contenus diffusés, qui s’est érigée en « partie et juge », absolvant qui bon lui semble et distribuant de bonnes notes à sa guise, abusant de manière flagrante des prérogatives d’institutions étatiques, seules habilitées de par la loi à réglementer le secteur des médias ».

Dans ce cadre, M. Ouzzine s’est interrogé sur la logique de cette plateforme qui promeut le succès d’une série diffusée pendant le Ramadan et dont chaque épisode aurait coûté à la Société Nationale de Radiodiffusion et de Télévision (SNRT) plus de 300.000 DH, alors même que son « entreprise » est incapable de verser les salaires des journalistes et des professionnels, affirmant « c’est le comble de l’absurde que ce ‘‘parrain de la futilité’’ se vante à travers sa tribune médiatique que la série qu’il a produite (Al Mardi) ait été classée ‘‘numéro un au niveau national’’, alors qu’il impose une austérité forcée et une injustice sociale à l’encontre de ses salariés ».

M. Ouzzine a ajouté que l’ironie de cette situation réside dans le fait que cet individu, qui amasse des profits astronomiques grâce à un sensationnalisme bon marché et bénéficie de millions de dirhams grâce aux contrats de production, ne trouve aucune gêne à tendre la main à l’Etat pour quémander et solliciter le soutien du public, comme si la responsabilité du paiement des salaires de ses salariés incombait aux contribuables et non à son « empire » qui prospère grâce à la diffamation et au chantage.

Le député parlementaire haraki a affirmé que nous sommes face à un paradoxe absurde qui heurte la logique économique la plus élémentaire, notant que ceux qui ont le privilège d’accumuler des richesses grâce aux réseaux sociaux et aux sujets tendance devraient plutôt enrichir les caisses de l’Etat et non les appauvrir et soutenir l’économie nationale et non la miner. M. Ouzzine a affirmé, à cet égard, « c’est une véritable mascarade politique et financière que ces individus s’accaparent les ‘‘butins’’ de la main droite et quémandent la rente de l’autre. Il ne s’agit plus d’un soutien à une entreprise médiatique, mais du viol du droit du presse à une presse intègre et responsable en abusant de l’argent du peuple ».

Dans ce sens, M. Ouzzine s’est interrogé « sommes-nous condamnés à encourager “l’économie du scandale” avec l’argent des citoyens ? Est-il concevable que les fonds des Marocains servent à financer ceux qui font commerce de l’atteinte aux réputations et de diffamation ? Il est honteux et scandaleux que l’argent des contribuables finance des contenus qui s’attaquent aux fondements mêmes de nos valeurs, de nos principes et de notre identité marocaine authentique ».

Par ailleurs, le député parlementaire haraki a interpellé le ministre au sujet de la révision des critères d’attribution du soutien public et des mesures qu’il compte prendre pour mettre fin aux agissements de celui qui met un pied dans l’investissement commercial et l’autre dans la rente gouvernementale ».

D’autre part, M. Ouzzine s’est interrogé sur la stratégie du gouvernement pour établir une distinction claire entre la noble mission médiatique et le vacarme de la recherche du profit numérique par ceux qui privilégient le sensationnalisme pour réaliser des gains rapides et faciles, au mépris des valeurs dans le marché de l’audience. Le député parlementaire haraki a souligné que ces individus devaient assumer les conséquences de leurs spéculations commerciales, loin des fonds publics. Il est contraire à l’éthique que ces « adeptes du sensationnalisme » concurrencent les bastions des médias responsables qui souffrent en silence, luttent sur le terrain pour transmettre la vérité et se battent pour leur survie avec dignité.

M. Ouzzine a également interpellé le ministre Bensaïd sur les mesures décisives qu’il compte prendre pour empêcher ces « amateurs et spéculateurs » de spolier les droits des professionnels honnêtes, et éviter ainsi que les fonds publics soient abusés par des plateformes qui prospèrent uniquement grâce à la violation des valeurs morales.

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