Le 15 novembre est en effet une étape charnière. Dans votre dernière demeure, vous entendez les gémissements et les nostalgies des militants et militantes harakis et de tous les fidèles patriotes.
Le 15 novembre, jour de votre disparition, nous rappelle à tous, et pour toujours, l’ironie du sort et le message d’un destin qui a tenu à immortaliser votre disparition en l’associant à un moment inoubliable de l’histoire, alors même que nous errons sur les chemins de ce monde éphémère.
En ce jour même de votre disparition, le 15 novembre 2020, il y a exactement 67 ans, les Marocains se sont affranchis de l’enfer du parti unique et ont éclaté les lumières des dahirs des libertés publiques, pour laquelle, vous et vos compagnons, avez payé un lourd tribut.
Un tribut et des sacrifices qui vous avaient coûté votre arrestation, car tout simplement vous avez refusé de laisser inhumer le corps de feu Abbas Lamsaâdi, combattant de la résistance et figure emblématique de l’Armée de Libération, issu des profondeurs du Sud-Est, loin de ses camarades inhumés au cimetière des martyrs du véritable patriotisme à Aknoul, au cimetière d’Ajdir. Le gouvernement de parti unique vous avait accusé alors de profanation de tombes !!!
Une accusation qui a suscité les cris retentissants de Belmiloudi, Addi, Bihi, Mohand Oubenhaddou et d’autres, sur les sommets de l’Atlas et du Rif, pour défendre la monarchie et la liberté, et leurs voix se sont alors élevées contre le parti unique…
Et ainsi fut-il… Vous avez été délivré de votre lieu de détention dans une sorte de liberté provisoire qui vous a accompagné jusqu’à votre mort, permettant ainsi au soleil des libertés publiques de briller. Le Mouvement Populaire a été ainsi fondé après d’âpres épreuves et un lourd tribut de vies humaines et d’immenses sacrifices, face auxquels les plumes des médias, les défenseurs des droits de l’Homme et les cerveaux des universités restèrent silencieux. Ces sacrifices ont été couronnés par l’interdiction constitutionnelle et légale du parti unique pour toujours…
Bien évidemment, les pères fondateurs du parti unique, ainsi que tous leurs héritiers et descendants qui le regrettent encore, même s’ils en masquent les rides par des Cosmétiques éphémères, n’oublieront jamais votre cri puissant lors de la première conférence de presse annonçant la naissance d’un mouvement authentique par sa popularité et sincère par son patriotisme.
« Nous n’avons pas reconquis l’indépendance pour perdre la liberté ! »
Dans la foulée du cri de feu Haddou Abarqach, auteur de l’acte de fondation :
« Nous sommes un mouvement populaire qui encadre les masses, soutient la monarchie inconditionnellement et s’oppose à l’injustice sous toutes ses formes. »
Ce cri, une fois de plus, a effectivement irrité le gouvernement di parti unique alors au pouvoir, le poussant à interdire un mouvement politique issu de la profondeur du Maroc authentique et venu défendre un Maroc qui parle toutes les langues, traite équitablement toutes les régions, édifie les institutions et résiste face à ceux qui importent des idéologies et profitent de la reproduction des crises.Nous n’oublierons jamais, bien évidemment, vos compagnons de lutte, tels Dr Abdelkrim Khatib, Haddou Abarqach, auteur de l’acte de fondation et du cri de la naissance, et tant d’autres éminentes figures, comme Bekkay, Lyoussi, Addi et Bihi et tant d’autres. Nous reviendrons, bien évidemment, sur l’histoire des mémoires omises dans les annales de nos adversaires, afin de révéler les vérités cachées de l’histoire du Maroc indépendant.
Ce fut une épreuve à laquelle Feu le Sultan Mohammed V, que Dieu ait son âme, a mis fin à l’aube de l’ère des libertés, après près de deux années de sacrifices, au lever du soleil du 15 novembre 1958…
Après les leçons tirées de la naissance, qui résonnèrent dans vos combats pour la liberté dans les forêts et les montagnes de l’Europe, et après votre expulsion, à cause de vos convictions patriotiques sincères et de votre loyauté indéfectible à la monarchie, de la Caïdat d’Oulmès et de la Préfecture du Gharb et de Rabat, l’histoire vous a rendu justice et vous êtes devenu le seul homme politique, le premier et le dernier à ce jour dans l’histoire du Maroc indépendant, à avoir eu l’honneur de diriger le ministère de la Défense nationale à deux reprises, témoignage de votre fidélité inébranlable au trône et à la patrie.
Comment oublier, ô leader, vos empreintes dans la Guerre des Sables de 1963 contre les ennemis de la patrie, et à leurs côtés des compatriotes qui ont été instrumentalisés par par nos voisins pour semer la sédition dans une patrie qui leur avait pourtant offert abri et nourriture ? Si seulement ils pouvaient méditer !!!
Comment oublier, ô leader, vos empreintes dans la défense des institutions constitutionnelles et du Maroc du pluralisme et de la diversité tout au long des années soixante et soixante-dix du siècle dernier, à une époque où les courants soi-disant gauchistes et les héritiers du parti unique creusaient sous les murs du Maroc des institutions, s’initiant à la sédition et à la conspiration dans la capitale du pays voisin et dans les rues de Tripoli, du Caire, de Damas, de Moscou et de Paris… et fêtait chaque tragédie qu’ils semaient au sein de la patrie !!! Vous les voyez, avec leurs visages étrangers à toute honte, déplorer dans leurs forums les années de plomb, alors que ce sont eux qui ont plombé le pays et introduit clandestinement les armes contre les fondements mêmes de la nation ! Ils avaient semé des pierres d’achoppement sur le chemin de la nation pendant près d’un demi-siècle, voire plus !!! se cachant derrière des discours enjolivés et des lamentations artificielles pour dissimuler les vérités !!! Vos positions historiques et patriotiques au sein du Conseil consultatif des droits de l’Homme nous inspirent une morale et des leçons, et la leçon des leçons est que le véritable patriotisme n’a besoin d’aucune compensation, récompense ou glorification, et que l’amour de la patrie prime sur toute autre considération.
Comment oublier, ô leader, vos empreintes et votre militantisme pour un Maroc où la campagne nourrit dignement les villes, et où les montagnes les alimentent de leur eau douce avec équité et justice ? Un Maroc où le téléphone parvient à chaque douar et madchar, même les plus éloignés des ressources considérables de la ville ? Un Maroc uni dans la diversité, où l’authentique culture amazighe assimile toutes les autres cultures et civilisations ?
Vous avez été un excellent ministre de l’Agriculture et de la Réforme agraire, un excellent ministre d’Etat des Télécommunication et de la Poste, un excellent ministre de la Coopération internationale… et un excellent leader national sincère et dévoué.
Comment oublier, ô leader, vos empreintes au Parlement et dans les médias ? Vous étiez un homme tenace et intègre, coriace quant il fallait défendre les droits et un orateur marocain authentique qui a su captiver les cœurs par sa spontanéité touchante.
Avec votre accent amazigh, votre arabe dialecte et votre français éloquent et captivant, vous avez marqué les esprits. Vous étiez véritablement pluriel au sens singulier, qui a su concilier la rigueur d’un soldat, la perspicacité positive sans pareille d’un politique et le pinceau d’un artiste qui transforme la simplicité en une profonde complexité. Tout cela s’incarnait dans la personne de de feu Aherdane.
Tu portais fièrement ta djellaba si particulière, ton turban authentique, ton élégant costume moderne. Ton charme captivant transcendait les classes et les statuts. Vous avez vécu comme un chef tribal respecté, le symbole vénéré d’un mouvement et l’incarnation d’une patrie authentique et profondément enraciné.
Que Dieu vous accorde Sa miséricorde, ô leader, car vous avez laissé un lourd héritage et une voie authentique, et vous avez tracé un horizon politique qui ne pourrait être placé entre deux parenthèses. Reposez en paix, car vos idées sont désormais une réalité vivante, un une flamme flamboyante dans une grande patrie qui n’oublie jamais un leader intègre et tous ses fils loyaux et sincères.
Nous nous engageons à poursuivre sur cette voie, à rester fidèles à commandements, pour un Maroc qui demeura toujours attaché à son trône et à ses constantes, un Maroc dont nous sommes fiers d’être nés sur son sel et de vivre sur sa terre, fiers à jamais de sa gloire, de son éminence et de ses valeurs sacrées.
