Zineb Abou-Abdellah
M. Abdellah Mekkaoui, membre du Groupe Haraki à la Chambre des Conseillers, a vivement critiqué le Chef du gouvernement, énumérant les échecs du gouvernement dans la mise en œuvre des programmes de développement qu’il a promis à la population lors de sa prise de fonctions pour la gestion des affaires publiques et relevant le bilan médiocre du gouvernement en matière de développement territorial et réhabilitation des zones rurales et montagneuses.
Commentant la réponse du Chef du gouvernement, M. Aziz Akhannouch, à une question centrale sur le thème « Le développement territorial et les enjeux de réalisation de la justice spatiale », le mardi 25 novembre 2025 à la Chambre des Conseillers, M. Mekkaoui a déploré la persistance de la discrimination spatiale négative en matière d’orientation des politiques publiques et sectorielles et la concentration des investissements publics et privés dans certaines régions comme en attestent des indicateurs concrets publiés par de nombreuses institutions nationales, qui mettent en évidence d’extension des disparités spatiales et territoriales en matière de répartition et de création d’opportunités du développement durable.
Par ailleurs, M. Mekkaoui a présenté des alternatives, à savoir notamment la transition des programmes de développement régional et local vers des modèles de développement régional cohérents, fondés sur les piliers de la croissance et les objectifs de développement, et plaçant le capital humain et le territoire au cœur de ces modèles.
Le conseiller parlementaire haraki a également plaidé pour œuvrer avec efficacité et bonne gouvernance afin de traduire les Hautes Orientations Royales à l’adresse au gouvernement en vue de rompre avec les approches sociales classiques et transiter vers une approche intégrée du développement territorial, à travers l’adoption d’un plan de développement inclusif du Maroc rural, montagneux et oasien au lieu de se contenter d’interventions sectorielles limitées et fragmentées.
M. Mekkaoui a appelé aussi à l’adoption de cadres législatifs fondamentaux, tels que la loi relative à la montagne et la loi relative au développement des oasis, à l’instar de à la loi relative au littoral dont la mise en œuvre est toujours trébuchante.
De plus, le conseiller parlementaire haraki a proposé l’institution d’un régime fiscal tenant compte des spécificités régionales et locales et créant un environnement attractif pour l’investissement dans les territoires concernés.
M. Mekkaoui a également appelé à la révision des programmes et politiques adoptés en matière d’emploi, d’habitat et de protection sociale, à travers l’élaboration de plans régionaux assortis d’indicateurs permettant aux populations des zones rurales, montagneuses et oasiennes d’exercer leurs droits légitimes à bénéficier de ces programmes essentiels.
Enfin, le conseiller parlementaire haraki a plaidé pour une transition, au niveau des domaines de l’agriculture, de l’eau et de l’investissement, vers des plans régionaux prenant en considération les spécificités et les potentialités locales.
M. Mekkaoui a également appelé les départements gouvernementaux concernées à lever la main sur les compétences propres et exclusives légalement reconnues aux conseils des Régions, à accélérer la cadence de mise en œuvre de la Charte de déconcentration administrative, à activer la révision des lois organiques relatives aux collectivités territoriales afin d’améliorer la gouvernance et la planification territoriales et à œuvrer à l’émergence d’élites capables de relever les défis du Maroc émergent, plutôt que de perpétuer les scènes lamentables observées lors des sessions de nombreux conseils qui sont devenues le théâtre de combats de boxe et de lutte.
Dans le même contexte, le conseiller parlementaire haraki a mis l’accent sur la nécessité de jeter les ponts de l’équité et de l’équilibre entre le Maroc émergent et le Maroc de la justice sociale et spatiale, affirmant que c’est la voie à suivre pour interagir avec les différentes expressions de contestation sociale et spatiale et leurs revendications légitimes et pour bâtir un nouvel horizon où tous les Marocains partagent de manière juste et équitable les fruits du développement.
