Aliae Riffi
Le Groupe Haraki à la Chambre des Conseillers a adressé de vives critiques au gouvernement, estimant que les chiffres optimistes avancés par le gouvernement sont démentis par les souffrances endurées par les entrepreneurs, les agriculteurs, les éleveurs, les artisans, les petits commerçants, les fonctionnaires, les salariés, les chômeurs, les citoyens et l’ensemble des Marocains vivant dans les zones rurales et montagneuses, les zones reculées et les zones périurbaines.
Le Groupe Haraki à la Chambre des Conseillers a appelé le gouvernement à prêter une oreille attentive aux cris des populations des zones marginalisées et oubliées, dont notamment les populations d’Aït Bouguemez, d’Imilchil, d’Anfgou, du Rif, des zones touchées par le séisme du Haut Atlas et de Figuig, avant qu’il ne soit trop tard.
Commentant l’exposé du Chef du gouvernement, M. Aziz Akhannouch, lors de la séance des questions orales à la Chambre des Conseillers dédiée à la politique générale et consacrée au thème « Bilan économique et financier et son impact sur la dynamique de l’investissement et de l’emploi au Maroc », tenue le mardi 15 juillet 2025, M. Nabil El Yazidi, membre du Groupe Haraki, a mis l’accent sur la nécessité d’interagir avec une nouvelle génération d’expressions protestataires à caractère territorial, qui ne réclament pas de promotions, d’indemnisations pour des missions effectuées ou de régularisations de situations administratives, mais donnent à la voix à des revendications légitimes que nous soutenons ; des revendications qui visent plutôt à garantir l’équité territoriale et à édifier un Maroc montagneux et rural stable, fondé sur la jouissance des fruits de la croissance et du développement humain et territorial durable sur une base démocratique et équitable.
Par ailleurs, le conseiller parlementaire haraki a énuméré les dysfonctionnements structurels et fonctionnels qui entachent les politiques publiques, notant que le gouvernement sert la croissance en se basant sur des taux muets plutôt que d’œuvrer pour la réalisation du développement durable, avec son contenu inclusif de l’Homme et du territoire.
S’adressant au Chef du gouvernement, M. El Yazidi a affirmé « vos politiques publiques, à l’instar de celles qui les ont précédées, ne fait aucune distinction entre l’aménagement de l’espace et le développement du territoire… Elles ont réussi à augmenter les taux de chômage, à creuser les disparités territoriales et sociales en raison de la concentration des investissements publics et privés dans une partie littorale privilégiée et à formaliser et à élargir le seuil de la pauvreté et de la vulnérabilité sociale via un système de soutien social basé sur des indicateurs inéquitables et sans philosophie de développement social durable. Elles ont également exploité la charité publique et politicienne et créé des programmes d’appui sectoriel et des établissements publics sans qu’ils soient soumis à un contrôle, une reddition des comptes ou une évaluation de l’impact des milliards octroyés, notamment à des programmes d’emploi éphémères tels que « Awrach », « Forsa » et « Inteleka » … sans aucun horizon ni suivi de l’atteinte de leurs objectifs ou de leur financement, de sorte que la promesse de création d’opportunités d’emploi est devenue un rêve électoral éphémère qui a été renvoyé vers 2030 par la voie d’un plan national de l’emploi, en plus d’un bilan blanc tangible concernant la mise en œuvre de la deuxième génération du processus de régionalisation avancée, de l’équité territoriale et la justice spatiale ».
M. El Yazidi a également critiqué le mutisme du gouvernement concernant l’avenir du programme de réduction des disparités sociales et territorial, arrivé à échéance en 2023, son rejet de la proposition de loi sur la montagne, de la proposition de loi relatif au développement des oasis, de la révision du programme d’aide au logement pour y inclure les populations des zones rurales et montagneuses, de l’élaboration d’un plan transversal et intersectoriel pour le développement des zones rurales et montagneuses, de la fusion des fonds et des comptes spéciaux destinés à ces zones stratégiques, génératrices de richesses et productrices d’eau, de céréales, de lait et de pain pour les zones urbaines.
