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Lors d’une rencontre organisée au profit des conseillères communales de Rabat:

M. Laenser souligne qu’il est temps de consacrer le principe de la parité

Saliha Boujraf

Les intervenantes lors d’une rencontre organisée par le parti du Mouvement Populaire, en partenariat avec le Fonds d’appui à la promotion de la représentation des femmes, ont souligné que l’efficacité des conseillères communales est tributaire de leur qualification pour s’impliquer dans la gestion des affaires locales, affirmant, à cet égard, que « si certaines d’entre elles ont acquis de l’expertise dans la gestion des affaires locales, la plupart d’entre elles n’ont aucune expérience ».

Lors de cette rencontre organisée sous le thème « Le renforcement de la représentation des femmes dans les conseils locaux élus » vendredi dernier à Rabat au profit des conseillères communales de Rabat, les intervenantes, qui étaient des académiciennes, des expertes et des praticiennes de l’action politique, ont souligné que les conseillères communales sont tenues de veiller à faire leurs preuves, à être présentes à travers l’innovation, l’écoute et la communication de proximité avec les citoyens et à traduire les bonnes pratiques en matière de gestion de manière à consacrer leur rôle dans le renforcement de la confiance des électeurs dans la représentation des femmes.

Mme Mazi : Les femmes ne font pas que meubler les institutions élues

Dans le même contexte, Dr. Fatima Kaîima Mazi, porteuse du projet du fonds d’appui à la promotion de la représentation des femmes, a salué la prise de conscience par les conseillères communales de l’importance de la formation et de l’encadrement, rappelant que ces rencontres constituent un espace d’échange sur l’appui à la promotion du statut de la femme dans le paysage politique marocain, notamment dans les conseils élus.

Mme Mazi a affirmé, par ailleurs, que l’organisation de cette série de séminaires et de rencontres de formation régionales porte sur le thème du « renforcement de la représentation des femmes dans les conseils élus », indiquant que la rencontre d’aujourd’hui, qui est la dernière étape au titre de l’année 2021 après des rencontres similaires organisées à Missour, Casablanca et dans d’autres villes, a été consacrée aux conseillères communales de Rabat qui ont fait leurs preuves et œuvrent à relever le défi en améliorant leur performance ».

Mme Mazi a précisé, à cet égard, que les conseillères communales, malgré les restrictions qui affectent leurs actions dans la plupart des cas, au vu de la mentalité misogyne dominante, occupent en général le premier plan de la scène politique et ont prouvé à tout le monde qu’elles ne se font pas que meubler les institutions élues et qu’elles ne sont des « lièvres de course » pour récolter des voix, mais disposent du courage nécessaire pour consolider leur position dans la gestion des affaires locales et régionales, voire nationales.

M. Laenser : Il n’y a plus aucune raison pour contourner la loi

De son côté, M. Mohand Laenser, Secrétaire général du Mouvement Populaire, a exprimé la fierté de son parti des réalisations des femmes harakies en tant qu’élues proches des citoyens, affirmant, à cet égard, « nous sommes fiers, au Mouvement Populaire, des réalisations des femmes harakies en tant qu’élues proches des électeurs et des citoyens ».

Dans une allocution d’orientation lue en son nom par M. Mohamed Jaouad, membre du Bureau politique du Mouvement Populaire, M. Laenser a ajouté que « le Mouvement Populaire a enregistré un bon nombre de femmes élues lors des dernières élections, mais ces résultats sont encore en-deçà de nos aspirations », précisant que « c’est pourquoi le parti s’est engagé, depuis plusieurs années, dans les programmes initiés par le Fonds d’appui à la promotion de la représentation des femmes ».

Le Secrétaire général du parti du Mouvement Populaire s’est engagé, en outre, à inciter les cadres harakis aux niveaux régional et provincial à œuvrer pour rehausser la participation des femmes à partir du prochain congrès national, en référence au 14ème congrès national prévu de se tenir durant l’année courant, saluant les efforts déployés par les militantes harakies, en particulier celles qui œuvrent pour l’amélioration de la représentation des femmes marocaines, notamment les femmes rurales.

M. Laenser a également salué le travail accompli par Dr. Mazi et son engagement pour la réussite du projet de formation des femmes élues, exprimant l’ambition du Mouvement Populaire de poursuivre l’élan impulsé par les fondateurs du parti, qui ont été les premiers à présenter une femme aux élections législatives dans les années 60 du siècle dernier, affirmant « nous militerons pour faire de l’égalité au sein des organisations partisanes et des instances élues une réalité concrète ».

M. Laenser a ajouté qu’ « il n’y a plus aucune raison de contourner la loi pour bien mettre en œuvre les dispositions de la constitution et les aspirations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI relatives à la promotion de la situation de la femme marocaine, qui a apporté la preuve de sa capacité à gérer les affaires publiques avec une compétence similaire, sinon meilleure, à celle de son frère l’homme », soulignant qu’il est temps de consacrer le principe de la parité entre les femmes et les hommes.

Il est à noter que la constitution marocaine institue, dans ses articles 19 et 164, le principe de l’égalité entre les hommes et les femmes, tandis que l’article 6 fait obligation à l’Etat de mettre en œuvre les lois qui garantissent l’égalité entre les citoyens et les citoyennes.

M. Laenser n’a pas manqué de rappeler son ambition de ne pas considérer les organisations parallèles du Mouvement Populaire comme des organisations auxiliaires au parti, mais plutôt comme des écoles préparatoires à une pleine intégration dans le parti, exhortant leurs composantes à davantage de militantisme sur les plans local et national.

Mme Bouchareb s’interroge sur le degré de bénéfice de l’initiative

De son côté, Mme Nouzha Bouchareb, Présidente de l’organisation des Femmes Harakies, s’est arrêtée sur les limites ayant impacté le bénéfice de cette initiative, s’interrogeant sur le degré d’implication collective dans la réalisation de ses objectifs et sur l’efficacité et l’efficience de la formation à elle seule pour que les femmes accèdent aux postes de prise de décision et de gestion des affaires publiques locales, ainsi que sur le degré de réponse de ce programme à tous les besoins des femmes exerçant l’action politique, le ciblage de ce programme de manière inclusive de l’ensemble des territoires et catégories d’âges, la part des femmes rurales (..) et autres, notant que les paris que devraient relever les élues et les élus à l’avenir ont trait notamment au déploiement du nouveau modèle de développement, à la garantie de la réussite de l’application de la régionalisation avancée et à la réalisation de l’équité territoriale.

M. Wael souligne les contraintes qui entravent la participation des femmes

A son tour, Dr Mohamed Wael, Coordinateur adjoint de la Jeunesse Harakie, a souligné l’importance de l’instauration des règles de la pratique démocratique avec la participation de la moitié de la société, qui est représentée par les femmes, indiquant que le Maroc a adopté des stratégies et des plans pour appuyer les femmes et les qualifier afin qu’elles assument pleinement leurs rôles dans le paysage politique, mais se heurte à un certain nombre de contraintes qui entravent la participation des femmes ; des contraintes qui sont liées à la société et d’autres aux instances politiques.

Mme Rebbah appelle à l’ouverture d’un débat sur les lois pour pallier les lacunes

Pour sa part, Mme Khadija Rebbah, membre fondatrice de l’Association démocratique des femmes du Maroc, a appelé le parti du Mouvement Populaire, alors qu’il s’apprête à organiser son 14ème Congrès national, à ouvrir un débat sur la loi organique relative aux partis et les lois organiques relatives aux élections en vue de pallier leurs lacunes qui limitent l’efficacité de la participation des femmes au niveau des centres de prise de décision.

Mme Rebbah, qui a longuement parlé de la présence des femmes à la tête des collectivités territoriales et de leur représentation dans les bureaux des conseils de ces collectivités, précisant que la présence des femmes oscille encore entre la présence modeste, l’absence et l’écartement, en raison de la dominance d’une mentalité misogyne, faisant référence à cet égard au processus de constitution des bureaux des conseils élus régionaux et locaux et affirmant « des négociations ont lieu entre les partis sur la base des résultats des élections et du nombre des voix, en l’absence d’un texte juridique qui prescrit la nomination des présidents des conseils communaux ou des conseils régionaux parmi les partis qui remportent les élections régionales ou locales, comme c’est le cas en ce qui concerne l’article 47 de la Constitution qui stipule la nomination du Chef du gouvernement du parti qui remporte les élections législatives. De ce fait, le rôle et la position des femmes élues sont ignorés ».

Cette militante des droits de l’homme a souligné que l’absence des conditions juridiques devant favoriser la réalisation de la parité dans les institutions élues relève de la responsabilité des différentes institutions, notamment les partis politiques, exhortant les conseillères communaux à œuvrer pour prouver leur valeur en veillant sur le terrain à répondre aux attentes des citoyens.

Mme El Hatimi : le Maroc avance lentement vers la parité

De son côté, Dr. Ghita El Hatimi, ancienne parlementaire, a affirmé que le Maroc est sur la bonne voie vers la parité, même si la principale caractéristique est la lenteur dans l’activation de l’article 19 de la constitution, ajoutant que les dernières élections traduisent le renforcement de la présence des femmes dans les instances élues.

Mme El Hatimi a critiqué la lenteur de l’interaction des partis politiques avec cette revendication, estimant que cette interaction est faible et n’est pas à la hauteur des aspirations des femmes.

Mme El Hatimi a poursuivi que « si le Parlement n’avait pas approuvé les mesures prises par l’Etat pour renforcer la représentation des femmes, qui ont été inscrites dans des projets de loi, la situation des femmes aurait été pire qu’elle ne l’est actuellement ».

Mme El Hatimi a également souligné que le renforcement de la représentation des femmes ne concerne pas uniquement le Parlement, indiquant qu’il y avait un appui à la promotion de la représentation des femmes dans les conseils des collectivités territoriales, précisant que le taux de représentation des femmes à la Chambre des Représentants est passé de 20,5% durant le mandat de 2016 à 24,3% durant l’actuel mandat de 2021, soit une légère augmentation de 4 points.

Concernant les élections locales, Mme El Hatimi a indiqué que le taux de représentation des femmes dans les conseils élus est passé de 21,18 % à 26,64 % en 2021, soit une augmentation de 5 points, ce qui atteste que le Maroc avance à un rythme soutenu, mais lentement, pour rendre justice aux femmes qui ont été marginalisées pendant des années.

Mme El Hatimi a conclu son intervention en appelant à l’accélération de la mise en œuvre de l’article 19 de la constitution afin de rendre justice effectivement à la moitié de la société et promouvoir une véritable démocratie.

Une présence adéquate et plus large au sein des conseils communaux

Par ailleurs, Mme Rachida El Hayel, membre du Conseil communal de Salé, Mme Nouzha Errouadi, secrétaire à l’arrondissement de Yacoub El Mansour, et Mme Aïcha, conseillère à l’arrondissement de Youssoufia, ont évoqué leurs expériences respectives.

Les intervenantes lors de cette rencontre, à laquelle ont pris M. Ali Benali, l’un des militants du Mouvement Populaire à Rabat, et M. Nabil Dakhche, membre du Groupe Haraki à la Chambre des Représentants pour l’arrondissement de l’Océan, ont souligné l’importance de la formation et de l’encadrement afin de leur permettre d’acquérir des mécanismes efficaces pour assurer une présence adéquate et plus large des femmes au sein des conseils communaux, sur les plans de la  candidature et de l’élection.

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