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Le Secrétaire général du parti, M. Mohamed Ouzzine, reçoit des organisations syndicales et professionnelles opposés au projet de loi portant réorganisation du Conseil national de la presse

MP/ Rabat

Le Secrétaire général du parti du Mouvement Populaire, M. Mohamed Ouzzine, a reçu, le vendredi 07 novembre 2025, au siège central du parti à Rabat, les présidents et secrétaires généraux d’organisations syndicales et professionnelles du secteur de la presse et de l’édition s’opposant au projet de loi 26.25 portant réorganisation du Conseil national de la presse.

Il s’agit notamment des responsables des organisations syndicales et professionnelles suivantes : le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM), la Fédération marocaine des éditeurs de journaux (FMEJ), la Fédération nationale du journalisme, de l’information et de la communication (UMT), le Syndicat national de l’information et de la presse (CDT) et la Confédération marocaine des éditeurs de journaux et des médias électroniques.

La rencontre, à laquelle ont pris part des membres du Bureau politique du parti du Mouvement Populaire, a été consacrée à mettre la direction du parti au fait des transgressions et des rétractions qui caractérisent le projet de loi 26.25 et de la mainmise flagrante du gouvernement sur le Conseil national de la presse, à travers ce projet de loi qui a stipulé des dispositions qui violent le principe de la participation syndicale consacrée par l’article 8 de la Constitution, ainsi que le principe du pluralisme et de la représentation équitable stipulés par l’article 11 de la Constitution, ainsi que la philosophie et l’essence même de l’autorégulation, fondée sur les principes de l’autonomie, de la démocratie et de l’élection des journalistes et des éditeurs au scrutin de liste et à la représentation proportionnelle.

A cette occasion, et suite au mot de bienvenue du Secrétaire général du parti, les responsables des organisations syndicales et professionnelles ont présenté un exposé sur le contexte général et le contenu du projet de loi, révélant les raisons objectives du rejet par leurs organisations de ce projet de loi rétrograde et se sont dits stupéfaits qu’il soit présenté à la Chambre des Conseillers alors qu’il avait déjà été soumis à deux instances constitutionnelles pour avis.

Par ailleurs, les responsables des organisations syndicales et professionnelles ont réitéré leur appel à reporter la discussion approfondie de ce projet de loi et ont mis l’accent sur la nécessité de le remettre sur la table du dialogue social sectoriel en vue de mener des négociations et d’aboutir à un consensus sur son contenu, précisant, à cet égard, que ce projet de loi est intervenu en dehors du contexte constitutionnel et en dehors de l’implication collective, en plus du fait qu’il sape les fondements essentiels de l’autorégulation de la profession (l’autonomie et la démocratie), consacre une approche capitaliste, légitimise les mécanismes de contrôle et démantèle les syndicats, le pluralisme, la représentation équitable, la parité et la transparence à travers l’adoption de deux modes de scrutin : l’élection individuelle des journalistes et la nomination par délégation au profit des éditeurs.

D’autre part, les responsables des organisations syndicales et professionnelles ont souligné que ce projet de loi porte préjudice à l’essence même du travail journalistique, à l’esprit démocratique et à la philosophie de l’autorégulation et contrevient aux dispositions de la Constitution, du Code de la presse et de l’édition, aux us et coutumes professionnels, à la déontologie, ainsi qu’aux engagements internationaux du Maroc en matière de libertés syndicales, de représentation professionnelle et de droits de l’Homme, en plus du fait il n’intervient pas de manière cohérente avec la réforme des autres lois relatives à la presse et à l’édition.

L’exposé des organisations syndicales et professionnelles a également rappelé les conclusions et les recommandations du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) et du Conseil économique, social et environnemental (CESE) concernant ce projet de loi, considérant que ces conclusions et recommandations constituent un référentiel et un fondement juridique confortant l’appel à l’élaboration d’un texte législatif qui soit conforme avec les conventions internationales relatives aux droits de l’Homme, à l’esprit et aux dispositions de la Constitution en matière de droits de l’Homme, au Code de la presse et de l’édition et aux engagements nationaux et internationaux du Maroc.

Pour sa part, M. Ouzzine a salué cette initiative de dialogue, notant que le parti du Mouvement Populaire, partant de ses principes fondateurs fondés sur les sacrifices considérables qu’il a consentis pour l’instauration des libertés publiques et la promulgation des dahirs y afférent en 1958, et partant de son attachement indéfectible au pluralisme politique, culturel et linguistique, ainsi qu’aux droits de l’Homme toutes générations confondues, a interagi constamment avec toutes les propositions pertinentes émanant des organisations représentatives des professionnels et des différents acteurs du secteur de la presse, de l’information et de l’édition, qui seraient de nature à revaloriser le journalisme et à contribuer à la mise en place d’un Conseil national de la presse incluant toutes les organisations et les sensibilités, dans le respect des principes du véritable pluralisme, de la diversité, de l’équité et de l’égalité des chances, sans favoritisme au profit d’une partie sur les autres au sein de la composition du Conseil.
Dans ce contexte, le Secrétaire général du parti a réaffirmé la conviction du parti du Mouvement populaire, ainsi que de son groupe parlementaire, quant à la nécessité d’adopter une démarche participative entre le gouvernement, les parlementaires et les professionnels afin de parvenir à un consensus positif sur le projet de loi et d’aboutir à une composition équilibrée du Conseil national de la presse, fondée sur l’équité à l’égard de toutes les parties.
M. Ouzzine a proposé, à cet égard, la création d’un comité mixte au sein de la Commission de l’enseignement en vue d’élaborer des amendements conjoints et consensuels, dans le but de renforcer l’institution du Conseil national de la presse et de la sortir de sa situation transitoire qui a perduré.
M. Ouzzine a considéré, en outre, que l’élection du Conseil national de la presse et sa mise en place ne constituent pas une fin en soi, mais que l’objectif était plus important, à savoir développer le journalisme, rendre justice aux professionnels, promouvoir leurs conditions matérielles et professionnelles, renforcer le message des médias nationaux toutes formes confondues et les moraliser davantage et ce, à la lumière des défis politiques, de droits de l’Homme, et de développement que le Royaume est appelé à relever.

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