M. Mohamed Ouzzine, Secrétaire général du parti du Mouvement Populaire, s’est interrogé, le vendredi 06 mars 2026 à Rabat, sur l’utilité des programmes électoraux présentés par les partis politiques, au regard de leur incapacité à répondre aux attentes et aux aspirations des citoyens et citoyennes, affirmant que ces programmes qui ne sont pas mis en œuvre ne font qu’accroître le fossé entre les citoyens et les acteurs politiques.
S’exprimant lors de l’ouverture d’un séminaire ramadanesque sous le thème « Les écosystèmes d’accélération industrielle : quel impact économique au niveau national ? », organisé par le parti du Mouvement Populaire en partenariat avec le Centre Sanabil des études et des politiques publiques, M. Ouzzine a ajouté que les Marocains ne peuvent plus tolérer de fausses promesses, indiquant que ces programmes sont inutiles tant qu’ils ne sont pas appliqués, citant en exemple la loi de finances, dans laquelle le gouvernement présente des chiffres et des indicateurs irréalisables, comme en témoigne le fait que l’inflation a atteint 20 % et que les citoyens subissent les conséquences de la flambée des prix.
A cet égard, M. Ouzzine a recommandé que les partis politiques présentent un contrat social en perspective des élections du 23 septembre 2026, plutôt qu’un programme électoral, affirmant que « la contractualisation vaut mieux que des chiffres qui restent tributaires de différents événements ».
Par ailleurs, M. Ouzzine a souligné que le choix du thème de ce séminaire « Les écosystèmes d’accélération industrielle et leur impact économique au niveau national » n’a pas pour objet seulement de débattre d’une question technique, mais se situe au cœur de la principale problématique économique à laquelle le Maroc est confronté actuellement : comment construire une économie productive et capable de générer de la richesse et des opportunités d’emplois, compte tenu de la transformation du pays en une plateforme d’accueil des investissements étrangers, sans que cela soit accompagné de la constitution de véritables capacités de production nationales ? Il a souligné que ce dysfonctionnement limite l’impact structurel de l’industrie sur l’économie nationale.
D’autre part, M. Ouzzine a noté que le Maroc a réussi à progresser dans certains secteurs industriels au cours des deux dernières décennies, notamment dans l’automobile, l’aéronautique et la logistique, mais ce succès, malgré son importance, n’a eu qu’un impact limité sur la profonde transformation de l’économie marocaine en raison d’une faible intégration locale au sein des écosystèmes industriels.

M. Ouzzine a indiqué que, dans de nombreux cas, l’activité industrielle au Maroc est restée concentrée sur des activités à valeur ajoutée limitée dans les chaînes de production mondiales, ce qui restreint son impact profond sur l’économie nationale.
M. Ouzzine a souligné, en outre, que l’industrie ne se résume pas à des usines ou des zones industrielles, mais constitue un projet économique national à long terme reposant sur des éléments fondamentaux, tels que l’approfondissement de l’intégration industrielle nationale afin que les entreprises marocaines deviennent de véritables partenaires dans la production et non de simples spectatrices, le soutien aux petites et moyennes entreprises industrielles pour leur permettre de s’intégrer dans les chaînes de valeur mondiales, ainsi que l’investissement dans le capital humain, la recherche et l’innovation, car l’industrie du XXIe siècle est avant tout une industrie du savoir et de la technologie.
M. Ouzzine a rappelé que le Mouvement Populaire ne se contente pas de diagnostiquer les dysfonctionnements, mais œuvre à proposer des alternatives économiques réalistes et responsables, car il est convaincu que le Maroc dispose de tous les atouts nécessaires pour devenir une puissance industrielle régionale, notamment sa situation géographique stratégique, sa stabilité institutionnelle et ses infrastructures importantes. Il a précisé, cependant, que la transformation de ces atouts en une véritable puissance économique exige l’adoption de politiques publiques plus claires, plus audacieuses et plus cohérentes.

Le Secrétaire général du parti du Mouvement Populaire a souligné que l’industrie marocaine, sur laquelle reposent de grands espoirs de création de valeur ajoutée et d’opportunités d’emplois afin de rendre l’économie nationale moins vulnérable aux différents évènements, peine à accomplir efficacement ces missions. Il a souligné que les différentes stratégies industrielles adoptées par le Maroc révèlent que les résultats sont plutôt modestes et loin de permettre à ce secteur de jouer des rôles pionniers dans l’économie, compte tenu de l’absence d’une vision industrielle intégrée chez le gouvernement.
Par ailleurs, M. Ouzzine a évoqué le rôle de think tanks sérieux, tels que le Centre Sanabil, qui offre un espace de libre réflexion scientifique, allie expertise académique et connaissance du terrain, et contribue à l’élaboration de propositions concrètes contribuant à l’édification d’une politique industrielle nationale plus efficace, équitable et durable. Il a affirmé que le Centre Sanabil constitue actuellement une réalité intellectuelle et institutionnelle au sein du paysage national, indiquant qu’en peu de temps, ce centre a pu consacrer sa présence dans l’espace de la production scientifique et de l’analyse stratégique de haut niveau, et a su tisser un réseau de relations internationales avec de nombreux think tanks à travers le monde.
M. Ouzzine a précisé que le centre Sanabil est devenu le bras intellectuel du parti du Mouvement Populaire et un laboratoire d’idées et d’alternatives économiques dont le Maroc a besoin à ce stade critique de son développement.

Il convient de noter que le séminaire vise à proposer des solutions pour réduire les disparités régionales en matière de développement industriel, renforcer les compétences et les qualifications afin de réaliser une véritable révolution industrielle, remédier à la problématique de la faible intégration des petites et moyennes entreprises et consolider le positionnement du Maroc au sein du groupe des pays industrialisés à bas coûts.
Le séminaire a été l’occasion des experts et des chercheurs du domaine d’aborder divers thématiques, telles que « L’évolution des politiques industrielles au Maroc : de la substitution aux importations à la souveraineté productrice », « Quels écosystèmes industriels intégrés pour assurer la réussite de l’essor marocain ? » et « Les politiques industrielles pour renforcer les exportations : les enseignements tirés des pays émergents ».
