MP/zineb abou abdelah
M. Mohamed Ouzzine, membre du Groupe Haraki à la Chambre des Représentants, a interpellé le gouvernement au sujet du thème de « la gouvernance du soutien public au secteur de la presse et de l’édition, entre le versement des salaires et l’amélioration de la situation sociale des professionnels ».
Dans une question écrite adressée au ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, M. Mehdi Bensaïd, M. Ouzzine a affirmé que la gouvernance du soutien public au secteur de la presse et de l’édition constitue la pierre angulaire dans l’édification d’un paysage médiatique fort, responsable et indépendant, indiquant, à cet égard, « si l’objectif de ce soutien est de renforcer les entreprises médiatiques et d’assurer leur stabilité, sa finalité ultime demeure l’amélioration de la situation sociale et matérielle des journalistes et des professionnels, véritables piliers de ce secteur stratégique ».
A cet égard, M. Ouzzine a relevé que « l’état des lieux nous interpelle aujourd’hui au sujet de la réalisation de ces finalités, car il n’est pas raisonnable de parler de la réussite du soutien apporté à la presse tant que de grandes franges des journalistes continue de souffrir de vulnérabilité socio-professionnelle, alors que certains médias privilégient les investissements visant à redorer leur image et cherchent à se positionner au détriment du respect de leurs obligations sociales et du versement régulier des salaires ».
Par ailleurs, M. Ouzine a réitéré sa mise en garde contre la prise en compte du chiffre d’affaires comme critère unique et principal pour définir la représentation au sein des institutions et des instances professionnelles, notamment après que ses failles ont été mises à nu à l’occasion du premier test, comme en témoigne l’incapacité, aussi bien des petites et des grandes entreprises médiatiques, à verser les salaires aux journalistes leurs cotisations, sachant que les grandes entreprises médiatiques bénéficiaient de la part du lion des subventions.
Par ailleurs, conditionner la représentation au seul critère financier des entreprises médiatiques risque de consacrer une forme d’aristocratie professionnelle susceptible de porter un coup dur au pluralisme et d’ouvrir la voie à la transformation du soutien public en un moyen d’enrichissement personnel, plutôt qu’un levier de développement des ressources humaines, d’amélioration des pratiques journalistiques et de renforcement des conditions matérielles, professionnelles et sociales des journalistes et des professionnels des médias tous niveaux et domaines d’activité confondus, en tant que véritable pilier des entreprises médiatiques et de cette noble profession.
Dans ce contexte, le député parlementaire haraki a ajouté que « le recours du gouvernement à l’octroi d’une subvention en vue du versement des salaires des journalistes pendant trois mois pour répondre à une situation d’urgence est une mesure conjoncturelle que nous saluons. Cependant, cette solution s’avère insuffisante pour résoudre cette problématique foncièrement structurelle ».
M. Ouzzine a souligné, à cet égard, que le secteur requiert que le gouvernement fasse preuve de courage politique pour proposer des alternatives législatives qui nous feront sortir de la léthargie résultant de la rétraction sur l’approche participative et de l’absence d’une vision de réforme globale du cadre législatif et réglementaire afin d’empêcher l’intrusion par effraction dans ce secteur de certains individus ne disposant pas des compétences, de la crédibilité et du professionnalisme requis.
D’autre part, le Vice-président de la Chambre des Représentants a souligné que le parti du Mouvement Populaire, à travers les deux groupes harakis au Parlement, soutient le gouvernement dans la lutte contre les intrus dans la profession et la dissuasion des journalistes à la solde qui diffament les gens et alimentent les plateformes de la futilité et de la calomnie dans leur quête de sensationnalisme, au détriment de la noble mission journalistique et de l’image du Maroc sur les plans continental et international.
Par ailleurs, M. Ouzzine a interpellé le ministre au sujet de la vision du ministère de tutelle concernant l’institution d’un nouveau système de soutien public qui ne se limite pas uniquement au versement d’incitations financières aux médias, mais ferait de la paix sociale et du respect des droits matériels des journalistes des conditions essentielles d’éligibilité au soutien public, de manière à préserver la dignité de l’élément humain et à assurer la stabilité de la profession.
M. Ouzzine s’est également interrogé au sujet des mesures gouvernementales visant la réorganisation du Conseil national de la presse, selon une architecture juridique qui s’inspire de l’esprit des arrêts de la Cour Constitutionnelle et repose sur une approche consensuelle faisant prévaloir les principes du pluralisme et de la véritable représentativité, de manière à préserver cet édifice institutionnel de l’influence d’intérêts étriqués et à restaurant la confiance dans la noble mission du 4ème pouvoir en tant que rempart protecteur des valeurs nationales et de la déontologie professionnelle.
