MP/ صليحة بجراف
Depuis Al Hoceima, bastion de la résistance rifaine menée par Abdelkrim El Khattabi contre le colon espagnol, M. Mohamed Ouzzine, Secrétaire général du parti du Mouvement Populaire, a, une fois de plus, ouvert le feu contre le « gouvernement Akhannouch », adressant des critiques virulentes contre ce que ce gouvernement qualifie de « succès remarquable et de bilan qualitatif et quantitatif sans précédent, qui ne saurait être contestés que par des ingrats ou une opposition dévalorisante, faible ou nourrissant du ressentiment envers la coalition tripartite ».
M. Ouzzine a souligné que la nouvelle ère, dont les bases ont été jetées par Sa Majesté le Roi depuis Son accession au trône, est marquée par l’impulsion d’un climat politique sous le titre de la réconciliation et le lancement du chantier de la protection sociale, soulignant que ce chantier ne saurait être instrumentalisé par quiconque à des fins électoralistes étriquées, affirmant « c’est désolant de noter aujourd’hui que les Secrétaires généraux des trois partis formant le gouvernement promouvoir un chantier royal stratégique, tout en insultant les Marocains par la prétention d’octroi de 500 dirhams et de leur accompagnement de la naissance à la mort » et ajoutant « Si les Marocains savaient que ce soutien émanait de vous, ils ne l’auraient jamais accepté ».
Adoptant un ton sarcastique lors de l’exposé du rapport politique devant les membres du Conseil national du parti, tenu le samedi 06 décembre 2025 à Al Hoceima sous le thème « La session de la loyauté, du Rif au Sahara », M. Ouzzine a énuméré les échéances et les domaines de la réussite du « gouvernement de compétences » à échouer, affirmant que « le gouvernement a réussi à imposer des politiques fiscales favorisant les personnes nanties et les entreprises privilégiées et des législations normalisant avec les conflits d’intérêts, à élargir la base des spéculateurs ‘‘Frakchia’’ dans l’agriculture, les viandes, l’élevage bovin et ovin, la pêche maritime, les transports, le tourisme, les hydrocarbures, l’habitat, la santé, la presse, … et à remplir les caisses publiques en surtaxant les entreprises et les citoyens, alors que les dépenses publiques sont inefficaces et sans impact ».
M. Ouzzine a ajouté que le « gouvernement à la composition tripartite a excellé dans l’expansion des possibilités de rente, légitimes ou illégitimes et l’affaiblissement des institutions élues aux niveaux national, régional et local, en délayant la majorité parlementaire dans la majorité gouvernementale et en transformant, en s’appuyant sur ses élites, toutes les sessions des conseils des collectivités territoriales en des rings de boxe et de lutte, accentuant ainsi la défiance envers les institutions élues et dénuant la représentation électorale et l’action politique de leur noble essence ».
M. Ouzzine a poursuivi en affirmant que le gouvernement a gelé le chantier de la régionalisation avancée, excellé dans la ‘‘partisanisation’’ des administrations et des établissements publics, ainsi que dans la cession et la location de nombreux équipements publics sous couvert d’un prétendu ‘‘financement innovant’’ ou plus exactement d’une privatisation déguisée des services sociaux et publics et hypothéqué l’avenir des prochains gouvernements et des générations futures par les dettes les obligeant à verser 23 milliards de dirhams sur 20 ans aux institutions désormais propriétaires d’hôpitaux, d’universités, d’établissements d’enseignement et de bâtiments d’administrations publiques, le tout sous couvert du ‘‘financement innovant’’.
Le Secrétaire général du parti du Mouvement Populaire, visiblement préoccupé par l’aggravation de la situation du Maroc à deux vitesses en dépit des Hautes Orientations Royales, a relevé à cet égard que le gouvernement avait orienté la majorité des investissements publics et privés vers les territoires privilégiés en écartant les zones rurales, montagneuses et oasiennes dans ses programmes et fonds, soulignant que le gouvernement avait dépensé des milliards pour la construction d’hôpitaux et de dispensaires, dont la plupart sont devenus des cimetières ou, au mieux, de simples lieux de transit des patients.
M. Ouzzine a également évoqué le succès du gouvernement à ‘‘améliorer » » le piètre classement du Maroc en matière de qualité de l’éducation, en le ‘‘hissant’’ au 154ème rang mondial, ainsi que sa réussite dans la classification de l’école marocaine en fonction des classes sociales et des territoires, ainsi que dans la normalisation avec l’indice de perception de la corruption qui place le Maroc au 97ème rang mondial.
Par ailleurs, M. Ouzzine n’a pas omis de rappeler que le gouvernement est parvenu à habituer les Marocains à normaliser avec la flambée des prix et l’inflation et a excellé dans le mariage entre le pouvoir et l’argent, la hausse sans précédent du taux de chômage, l’élargissement de la base des entreprises en faillite, l’aggravation des pertes d’emplois. Pire encore, M. Ouzzine a affirmé que le gouvernement avait transformé le droit constitutionnel au travail en des programmes voués à l’échec (« Forsa » et « Awrach »), ajoutant que le gouvernement a excellé également dans la formalisation de la contratualisation plutôt que dans la régularisation du statut des contractuels.
D’autre part, M. Ouzzine a ajouté que le gouvernement est également parvenu à mettre en place un programme d’aide au logement qui encourage l’exode rural des populations vers les villes pour pouvoir en bénéficier, eu égard au fait que les critères et conditions d’octroi de cette aide excluent les populations des régions rurales, montagneuses et oasiennes du droit au logement.
Dans un contexte connexe, M. Ouzzine a relevé l’échec du gouvernement à activer le caractère officiel de la langue amazighe, affirmant que « le gouvernement a réussi à réduire l’officialisation de la langue amazighe à de simples lettres ornant les façades des ministères et des administrations et quelques voitures circulant dans les artères, et à la sous-traitance de la traduction de la langue officielle de ses concitoyens.
M. Ouzzine a noté également que le gouvernement a réussi à reporter le bénéfice des Marocains du monde de leurs droits constitutionnels et à abandonner à leur sort une large frange des victimes du tremblement de terre d’Al Haouz pour affronter le froid et le gel en hiver et la chaleur en été.
Par ailleurs, M. Ouzzine s’est interrogé sur les domaines où le gouvernement aurait réussi effectivement, à la lumière de cette « disette politique sur le plan des réalisations », consacrant la défiance à l’encontre du prétendu ‘‘Processus de confiance’’, notant que « la logique de l’Etat, sous la direction éclairée de Sa Majesté le Roi et grâce à Sa vision stratégique, a dû intervenir, fort heureusement, pour remettre les réformes stratégiques sur la bonne voie, comme cela a été souligné dans les Discours Royaux solennels prononcés à l’occasion de la Fête du Trône et de l’ouverture de la session parlementaire d’automne et dans les résolutions du Conseil des ministres. Sa Majesté le Roi, que Dieu L’assiste, avait en effet intervenu pour interagir avec les jeunes de la Génération Z ».
A cet égard, M. Ouzzine a évoqué l’intervention de Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour ‘‘sauver la face’’ du gouvernement en rendant justice aux Marocains des zones rurales, montagneuses et oasiennes, en appelant à l’élaboration et au déploiement de programmes de développement territorial intégrés en vue de remédier aux erreurs du gouvernement dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’emploi et de l’équité territoriale.
Dans ce sens, M. Ouzzine a affirmé « en tant que parti du Mouvement Populaire, issu du cœur du Maroc, nous avons davantage confiance dans la logique de l’Etat que dans un trio partisan qui a transformé le Maroc en une ‘‘bourse politique’’ pour servir leurs propres intérêts », soulignant explicitement l’interaction positive du parti avec le retrait du dossier de la supervision des élections de l’aile politique du gouvernement, affirmant que cette décision est conforme à l’article 11 de la Constitution, qui confie aux pouvoirs publics, en l’occurrence le ministère de l’Intérieur, la supervision de l’organisation des élections et ce, dans le cadre du respect du principe d’égalité des chances entre les partis politiques, compte tenu de la perte de confiance dans le trio partisan.
Dans le même esprit démocratique positif, M. Ouzzine a salué la directive de Sa Majesté le Roi à l’adresse du Ministère de l’Intérieur pour superviser la réalisation du recensement du cheptel, ce qui a révélé les failles du système et l’hypocrisie des spéculateurs ‘‘Frakchia’’. Paradoxalement, une seule tête ovine correspond désormais au droit d’un citoyen marocain de bénéficier du soutien direct, alors même que les citoyens sont soumis au diktat de l’indicateur, contrairement aux ovins.
M. Ouzzine a également salué l’initiative Royale relative au lancement d’une nouvelle génération de programmes de développement territorial intégrés, après l’échec du gouvernement, depuis sa prise de fonction, à traiter équitablement les régions et les zones rurales marginalisées, exhortant les citoyens et citoyennes à ne pas être victimes d’une instrumentalisation politicienne de ce programme stratégique.
M. Ouzzine n’a pas omis, en revanche, de mettre en lumière certains succès diplomatiques et de développement du Maroc dans le cadre du Maroc émergent, dont les bases sont jetés par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, soulignant que les enjeux stratégiques et de droits de l’Homme requièrent de nous tous le renforcement de l’esprit d’unité et de réconciliation afin de ne laisser aucune place aux comploteurs et aux conspirateurs au service des agendas et des rancunes des adversaires du Maroc.
