La véritable réforme du système éducatif requiert une réelle volonté politique
Saliha Boujraf
M. Mustapha El Bouzidi, Président de l’Alliance harakie des cadres de l’éducation et de l’enseignement, a souligné l’urgence de disposer d’une école forte, équitable et efficace, répondant aux aspirations des enfants des Marocains et leur ouvrant des perspectives d’avenir.
Intervenant lors de l’ouverture de la rencontre de communication, organisée le dimanche 23 novembre 2025 à Tétouan sous le thème « L’alternative harakie pour promouvoir le système éducatif : la question de l’amélioration et du renouveau », M. Bouzidi a affirmé que « l’école marocaine ne peut demeurer prisonnière de programmes datant de 1999, alors que le monde autour de nous évolue à un rythme effréné », ajoutant « nous avons besoin d’une révision globale qui rétablit la capacité de l’école à accompagner la nouvelle ère numérique et du savoir ».
M. El Bouzidi, visiblement agacé en énumérant les dysfonctionnements dont souffre le système éducatif au Maroc et en pointant de l’index l’incapacité du gouvernement Akhannouch d’y remédier, a souligné que le ministre de l’Education nationale, du Préscolaire et des Sports, M. Mohamed Saâd Berrada, travaille avec une équipe inexpérimentée en matière d’éducation et déconnectée des réalités du système, s’interrogeant à cet égard sur le fait que « les faucons du ministère », qui perçoivent des salaires et des indemnités exorbitants, ne produisent pas plus que 15 documents chaque année.

Poursuivant sa critique à l’encontre du ministère de tutelle, le Président de l’Alliance harakie des cadres de l’éducation et de l’enseignement a affirmé « malheureusement, un important budget a été alloué au Département de l’Education nationale, mais le ministre Berrada ignore comment le gérer efficacement », de manière à garantir la bonne gouvernance et la reddition des comptes s’agissant de la gestion des ressources financières et humaines.
D’autre part, M. El Bouzidi a souligné que l’élève n’est pas un chiffre et que sa réussite ne saurait se réduire à la réalisation d’une note seuil, précisant qu’on devrait plutôt procéder à une véritable évaluation qui révèle les capacités d’apprentissage de l’élève.
M. El Bouzidi a poursuivi « de même, nous ne pouvons pas exiger la performance et la qualité des enseignants si nous ne leur offrons pas une formation adaptée à leur mission ».
A cet égard, M. El Bouzidi a fait remarquer que « la véritable réforme requiert non seulement des programmes et des documents (…), mais surtout et avant tout une réelle volonté politique ».

Pour sa part, M. Addi Sbaîi, porte-parole du parti du Mouvement Populaire et membre de son Bureau politique, a affirmé que la promotion du système d’éducation et de formation n’est pas l’apanage d’une seule catégorie, mais bien la responsabilité de tous les Marocains, car l’école est la voie à emprunter pour la formation de la personnalité marocaine, précisant qu’il a choisi de consacrer son intervention à la présentation de l’alternative harakie comme étant une continuité du processus de réforme, et non comme un dérapage par rapport à ce processus et au respect des dispositions de la loi-cadre n° 17.51.
M. Addi Sbaîi a également dénoncé l’incapacité du gouvernement à trouver une solution à la dose électoraliste excessive chez ses composantes, qui ont fait des promesses généreuses d’augmenter les salaires des enseignants et de régulariser la situation des enseignants cadres des Académies régionales d’éducation et de formation.
Dans ce contexte, le responsable haraki a rappelé au gouvernement l’importance de respecter ses engagements au titre des accords conclus avec les enseignants.
Il convient de noter que cette rencontre de communication, organisée dans le contexte de la dynamique engagée par l’Alliance harakie des cadres de l’éducation et de l’enseignement et conformément à son programme annuel visant à contribuer activement au développement de l’alternative éducative harakie, a été marquée par l’hommage rendu à Mme Halima Assali, figure emblématique du Mouvement Populaire, fondatrice de l’organisation des Femmes Harakies, membre du Bureau politique du parti et membre du Conseil régional de Beni Mellal-Khénifra), ainsi qu’à M. Mohand Laenser, Président du parti, et à M. Salouh El Joumani, conseiller parlementaire haraki et membre du Bureau politique du parti.

Cette rencontre de communication intervient dans une conjoncture cruciale marquée par un large intérêt de l’opinion publique marocaine pour les questions d’éducation et de santé, à la lumière des défis structurels auxquels est confrontée l’école publique et qui exigent d’engager une réflexion collective, sereine et responsable, afin de trouver des solutions réalistes et durables, capables de produire un impact positif et d’aller au-delà des débats conjoncturels pour construire une vision réformiste équilibrée, fondée sur les valeurs harakies et au service de la nation et des citoyens.
