Aliae Riffi
M. Mohamed Ouzzine, Secrétaire général du parti du Mouvement Populaire et député parlementaire pour la Province d’Ifrane, a interagi avec la marche d’Aït Bouguemez en affirmant que « la marche de protestation des habitants d’Aït Bouguemez dans la Province d’Azilal, qui n’est pas la première du genre, puisque plusieurs zones marginalisées avaient connu des manifestations similaires, est plus qu’un simple mouvement de protestation ; c’est un cri d’une montagne et une des voix des marginalisés oubliés face à la centralisation de la boussole du développement ».
Dans un post publié sur sa page Facebook officielle, M. Ouzzine a souligné que le cri d’Aït Bouguemez fait écho aux cris des zones du Haut Atlas touchées par le séisme, telles Anfgou, Imilchil et de nombreuses autres zones restées hors de la portée de la boussole du développement ; lesquels cris interpellent au fond les intermédiaires institutionnels et représentatifs aux niveaux local, provincial, régional et central.
Par ailleurs, M. Ouzine a estimé que le cri d’Aït Bouguemez représente une nouvelle génération d’expressions protestataires à forte dimension territoriale, affirmant, à cet égard, que « conscients de ces messages expressifs et animés d’une vision proactive, nous n’avons cessé d’attirer l’attention du gouvernement sur la nécessité et l’urgence de se pencher sur la question de l’équité spatiale et territoriale dans l’orientation de ses politiques publiques, dépourvues d’horizon clair, de sortir du cercle de la centralisation dans la programmation des investissements publics et de mettre en œuvre une approche fondée sur la discrimination positive en faveur des zones rurales et montagneuses, qui ont privées des opportunités de développement depuis des décennies, malgré la succession des gouvernements et des mandats électoraux. C’est cette réalité qui a été davantage consacrée sous ce gouvernement, qui a malheureusement fait du développement humain et territorial des zones rurales et montagneuses sa dernière préoccupation ».
Le député parlementaire haraki a ajouté « si l’on considère les sept revendications des habitants d’Aït Bouguemez, et bien d’autres, elles consistent en la fourniture d’un médecin résident, d’un stade, d’une route, d’une école communautaire et d’un établissement de formation aux métiers de la montagne, la simplification des procédures de construction et leur droit légitime au Maroc numérique. Toutes ces revendications ont fait l’objet de plaidoyers et d’alternatives que nous avons présentés à plusieurs reprises, mais sourde a été l’oreille du gouvernement qui se vante d’une légitimité électorale qui lui a cédé la gestion de toutes les institutions, du gouvernement à la plus simple commune rurale, sachant, et c’est une coïncidence paradoxale, qu’il a lancé sa précédente campagne électorale depuis la Province d’Azilal, non loin d’Aït Bouguemez, et qu’après avoir remporté les voix de la province, il a aujourd’hui abandonné ses revendications ».
M. Ouzzine a rappelé au gouvernement que son programme d’aide au logement ne concerne pas les zones rurales et montagneuses, et que ces zones ne sont pas concernées par leurs écoles pionnières ni par leurs promesses électoralistes irréalisables, précisant que ce qui préoccupe ces zones c’est la création d’opportunités d’emplois, l’adoption d’une politique agricole qui les cible et la garantie d’une équité territoriale favorisant le développement de ces zones ; un développement encadré par un ministère délégué auprès du Chef du gouvernement, doté d’une vision de développement supra-sectorielle qui fédère les fonds et les comptes spéciaux dispersés et inefficaces.
Le député parlementaire a poursuivi « nous avons déjà mis en garde contre le danger de la lenteur de la mise en œuvre de la deuxième génération du processus de régionalisation avancée, et nous avons appelé à plusieurs reprises avec un esprit patriotique (…), mais nos appels n’ont que fait fuir davantage le gouvernement ».
Le secrétaire général du parti du Mouvement Populaire n’a pas manqué de saluer l’esprit patriotique sincère des habitants d’Aït Bouguemez, ainsi que leur haut degré de prise de conscience, de maturité et d’encadrement pacifique, discipliné et bien organisé de leur message de protestation.
M. Ouzzine a exprimé l’espoir que le gouvernement entende le cri de ces habitants et leur message qui concernent tous les acteurs institutionnels, qui sont tous responsables de leurs motivations et de leurs causes, voire appelés à saisir tous que le Maroc du développement à une vitesse double et inégale n’est plus toléré, et que la démocratisation des opportunités de développement social et territorial est l’alternative la plus sûre et la voie la plus efficace.
