Point de vue

Paris – Pr. Cherkaoui Er-roudani (*)

Lorsque le concept de développement politique est évoqué c’est pour faire référence aux véritables outils et mécanismes qui permettent l’accession à la démocratie, qu’elle soit participative ou représentative. 

Sur le plan épistémologique, une lecture de l’histoire des civilisations et des nations pionnières permet de relever que la théorie a été un outil puissant et un moyen efficace dans la lutte contre l’incurie politique, qui serait le véritable cancer qui pourrait affecter le corps démocratique. 

D’autre part, une analyse de la situation politique du monde arabe permet de constater la distance et l’écart qui séparent le politique du citoyen, qui sont en fait le résultat de l’incompréhension par le décideur des exigences et des besoins des générations actuelles, qui souhaiteraient s’imposer et voir leurs visions intégrées par les programmes et les mécanismes de développement. 

En effet, l’inertie politique pousse cette génération, qui vit au rythme de la célérité électroniques, à désavouer le modèle politique offert, consacrant une désaffection politique qui aggrave davantage les désenchantements et les frustrations.

Le concept de développement politique, qui vient ainsi accompagner les évolutions sociétales, tant sur le plan de la structure que de la vision, se veut la véritable du développement économique et social. De ce fait, la relation entre la société et le système politique, qui est à la base de cette branche des sciences politiques, doit toujours être suivi, car tout déséquilibre de cette relation conduirait au divorce, puis à l’immobilisme et à la monotonie. 

Eu égard des spécificités de chacune des parties prenantes dans cette relation, le système politique, à travers les mécanismes institutionnels qui le régissent, s’avère le seul acteur capable de réduire les distances et de se rapprocher de l’autre, en vue d’assimiler ses idées et ses préoccupations. 

Cette appropriation est d’une importante cruciale pour agri dans un environnement favorable, où règne l’égalité des droits et des devoirs entre l’ensemble des citoyens ; gage de la participation de tous dans la prise de décision démocratique à travers les institutions constitutionnelles. 

Au Maroc, le concept de développement politique a fait son apparition de manière subtile à travers l’émergence de plusieurs termes, qui sont souvent associées à l’évolution du contexte global du concept. Depuis l’accession de Sa Majesté le Roi Mohammed VI au Trône, sont évoqués au Maroc le terme de transition démocratique et la nécessité de rompre avec les affres du passé. 

La modernisation et la réforme politique ont constitué la recette appliquée pour transcender les aspects négatifs du passé politique marocain. L’expérience de l’alternance consensuelle, conjuguée aux évolutions enregistrées sur la scène politique au Maroc, a constitué le véritable départ qui a cadré l’émergence du concept de développement politique. Toutefois, l’expérience en elle-même, quoique unique, n’est pas suffisante pour répondre aux exigences d’une grande frange de citoyens, qui ont placé de grands espoirs dans cette expérience. 

Les raisons politiques, et ce n’est pas le but de cet article, qui étaient à l’origine de ce fait, ont été cruciales dans l’émergence d’une sorte de monotonie politiques et, donc, l’apparition d’une frange de populations dénommée par les sociologues « la génération apatride ». En effet, les élections de 2007 ont consacré un fait, puisque le fort taux d’abstention politique a précipité l’opération de développement politique  dans la salle de réanimation, rendant nécessaire le traitement du problème qui est véritablement à l’origine de la perturbation de l’opération.

Ainsi, est souligné la responsabilité des partis politiques et de la société dans son ensemble, puisque tout le monde est tenu d’œuvrer sincèrement à la création des conditions favorables pour sortir de ce « coma » politique, à travers la réforme et la modernisation de l’action politique. 

Grâce à leur dynamisme et vitalité, les partis politiques pourraient jouer un rôle central dans le processus démocratique, à condition de consacrer en leur sein une démocratie participative, fondée sur l’égalité et la citoyenneté. C’est le préalable et c’est ce que les juristes préconisent également s’agissant de la détermination des mécanismes de l’Etat de droit.

(*) Analyste politique

Partager sur Facebook