Moubdiî : Le projet de loi de finances 2021 éclipse les réformes essentielles et ignore la réhabilitation de l’amazigh et des habitants des zones rurales et montagneuses

Aliae Riffi:

Mohamed Moubdiî, Président du Groupe Haraki à la Chambre des Représentants, a affirmé que le projet de loi de finances 2021 éclipse les réformes essentielles dans les secteurs de la santé et de l’éducation, à travers la prévision de crédits budgétaires qui ne sortent pas de l’ordinaire alors qu’il y a un consensus national sur la priorité à accorder à ces deux secteurs qui investissent dans l’homme avant le territoire.

Dans une intervention lors de la séance de discussion générale du projet de loi de finances 2021, jeudi dernier à la Chambre des Représentants, M. Moubdiî a certes reconnu les acquis que ce projet a apporté pour lever les contraintes de l’étape actuelle et affirmé l’interaction positive du Groupe Haraki avec les piliers fondamentaux dont les principaux traits ont été tracés par Sa Majesté le Roi, à savoir le lancement d’un plan stratégique de relance de l’économie nationale, la généralisation de la protection sociale et la réforme du secteur public.

Toutefois, M. Moubdiî il s’est interrogé sur la capacité de ce projet de loi de finances à concrétiser les chiffres, les crédits budgétaires, les approches et les procédures à la lumière des contraintes de l’étape actuelle, notamment ceux liés à la protection sociale,l’éducation, la santé et le logement, en particulier le logement social et le logement à bas coût destinés à la classe moyenne.

Moubdiî s’est interrogé aussi sur la capacité de ce projet de loi de finances à résoudre la problématique des collectivités territoriales qui souffrent de la réduction de leurs ressources, le chevauchement de leurs attributions, l’absence du rôle des Régions et la non-adoption de la charte de la déconcentration administrative, qui est pratiquement toujours sur papier et n’a pas encore été activée.

Evoquant les problèmes de l’artisanat,M. Moubdiî a affirmé que « ce secteur vit une situation critique », faisant état de la recrudescence du chômage dont le taux a dépassé 12% en raison des répercussions de la pandémie.

Par ailleurs, M. Moubdiî s’est interrogé sur les solutions apportées par ce projet de loi de finances aux problématiques dont souffre l’agriculture marocaine, en relation en particulier avec la valorisation du produit national, notamment auvu que les agriculteurs ont été négativement affectés en raison des facteurs du Coronavirus et de la sécheresse.

De même,M. Moubdiî s’est interrogé sur la capacité de ce projet de loi de finances à résoudre les problématiques liées aux énergies renouvelables et à l’eau qui nécessitent une vision clairequi définit les priorités, à encourager l’industrie nationale, d’autant plus que l’Etat doit œuvrerà créer une véritable industrie nationale à même de nous épargner de l’importation de tous les produits, et à trouver des solutions rapides et pratiques au secteur informel qui constitue la source de revenus pour les deux tiers des Marocains, mais qui est en train de mourir aujourd’hui.

Moubdiî a également fait allusion aux dommages subis par les associations sportives et les sportifs en général, la culture et l’art, absents de ce projet de loi de finances, indiquant, à cet égard, que « les artistes et les chioukhs de l’Aïta, d’Abidates Rma et d’Ahidouss ont cessé de travailler, mais personne ne leur a prêté attention », évoquant aussi la souffrance des traiteurs, des professionnels du transport, des propriétaires des hammams et d’autres opérateurs affectés.

D’autre part, M. Moubdiî a mis l’accent sur la nécessité d’adopter un plan stratégique basé sur la justice et l’équité au lieu de continuer à imposer la classe moyenne et les entreprises croulant déjà sous le fardeau de la pression fiscale, soulignant l’urgence de réfléchir à l’institutionnalisation de la solidarité nationale à travers le mécanisme du Fonds national du soutien social sous la forme d’un établissement public doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière, qui intègre les différents programmes et fonds éparpillés sur le plan sectoriel et qui soit renforcé par les contributions des différentes institutions publiques, collectivités territoriales et personnes physiques.

Moubdiî a conclu son intervention en s’interrogeant sur les raisons de la tergiversation du gouvernement à rendre justice à l’amazigh, en tant que composante authentique de l’identité marocaine plurielle, et aux populations des zones rurales et montagneuses, en l’absence d’un modèle de développement spécifique à ces populations qui vivent une pandémie naturelle, dont la souffrance s’est accentuée avec la propagation du nouveau Coronavirus (Covid-19) et le déficit de développement.

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