M.Moubdiî critique l’absence d’une stratégie hydrique claire et attire l’attention sur la situation de l’agriculteur face à la pandémie et à la sécheresse

Saliha Boujraf

Mohamed Moubdiî, Président du Groupe Haraki à la Chambre des Représentants, a critiqué l’absence d’une stratégie claire du gouvernement en matière de politique hydrique, affirmant, à cet égard, « il n’y a actuellement aucune vision au sujet de la répartition de cette richesse hydrique malgré sa rareté, que ce soit entre les secteurs économiques, ou entre les zones et les régions ».

Commentant, hier lundi, la réponse du ministre de l’Agriculture, dela Pêche maritime, du Développement rural, des Eaux et Forêts à une question centrale sur le thème « Les préparatifs pour assurer la réussite de la saison agricole en cours à la lumière de la propagation de la pandémie du Coronavirus » à la Chambre des Représentants, M. Moubdiî a appelé le gouvernement à annoncer les priorités en matière de politique hydrique, que ce soit pour l’eau potable oul’eau à usage agricole ou industriel, ainsi que sa vision s’agissant de la répartition de l’eau sur les régions.

Moubdiî a poursuivi en s’interrogeant « est-ce raisonnableque les régions continentales où la température atteint 50 °C et qui sont connues par la culture des arbres fruitiers jouissent des mêmes dotations en eau que les zones côtières où la température maximale ne dépasse pas 36 °C, soulignant que les arbres fruitiers périssent aujourd’hui dans les premières régions, comme en témoigne ce qui se passedans les communes de Beni Moussa et Beni Amir, affirmant « ces arbres ne pourraient pas être régénérées qu’après 10 ou 15 ans ».

Par ailleurs, M. Moubdiî a attiré l’attention surles souffrances enduréespar les oasis à cause de la pénurie d’eau, notamment les oasis du Sud-Est du Royaume, à Ouarzazate, Zagora, Errachidia et autres, notant que la situation est dramatiqueaujourd’hui après la régression du niveau des ressources en eau, qu’elles soient de surface ou souterraines.

Moubdiî a souligné que ces oasis constituent une barrière contre la désertification, en plus du fait d’être un facteur de stabilisation d’une population importance des zones rurales et agricoles,d’où la nécessité d’assurer la sécurité hydrique à ces zones. Il s’est interrogé, à cet égard, sur le rôle du Fonds de Développement Agricole (FDA), en particulier à la lumière des questionnements des agriculteurs concernant le soutien à l’équipement en goutte à goutte jusqu’au 31 décembre seulement.

Moubdiî n’a pas manqué de saluer les efforts consentis par le ministère à travers le Plan Maroc Vert, ainsi qu’à travers le nouveau plan Green Generation,dont le lancement a été donné l’année dernière par Sa Majesté le Roi Mohammed VI et grâce auxquels le Maroc a pu assurer sa sécurité alimentaire à travers l’abondance de denrées alimentaires dans les marchés tout au long de la période de la pandémie.

De même, M. Moubdiîa souligné que l’agriculture fait face aujourd’hui à des défis majeurs, au premier rang desquels les répercussions du Coronavirus et la succession des années de sécheresse, affirmant, à cet égard, « aujourd’hui, alors que nous sommes au début de la saison agricole actuelle, nous implorons Dieu le Tout-puissant que cette saison soit pluvieuse et fertile, mais il est nécessaire d’engager le dialogue et le débat au sujet d’une série de problématiques auxquelles sont confrontés les agriculteurs et l’agriculture en général ».

Le Président du Groupe Haraki à la Chambre des Représentants a appelé à gérer les problématiques des semences sélectionnées dont la vente a été suspendue et de la cherté desprix du fourrage qui menace le bétail face à l’incapacité des éleveurs d’acheter du fourrage, précisant que l’agriculteur, qui était aux premiers rangs face à la pandémie, est le seul à ne pas avoir bénéficié du Fonds du Coronavirus.

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