Dans un commentaire du Président du Groupe Haraki à la Chambre des Conseillers de la réponse du Chef du gouvernement : Sbaîi appelle le gouvernement à mettre en place des politiques de réformes radicalesqui soient en rupture avec les choix d’avant la pandémie du Coronavirus

Il a exprimé son étonnement du retard accusé dans la mise en œuvre des dispositions relatives à la pluralité linguistique et culturelle et aux différentes expressions identitaires nationales

Saliha Boujraf

M’barek Sbaîi, Président du Groupe Harakià la Chambre des Conseillers, a appelé à la mise en place de politiques de réforme radicalesà caractère économique, sociale et structurel, qui renforcent le rôle des institutions de médiation et créent le climat approprié pour embrasser le Maroc du nouveau modèle de développement escompté.

Sbaîi a appelé, dans ce sens, à une rupture avec les choix opérés avant l’avènement de la pandémie du Coronavirus ; lesquels choixont montré leur incapacité et leurs limites s’agissant d’accompagner la nouvelle situation économique et sociale.

Commentant la réponse apportée par le Chef du gouvernement, M. Saâd Dine El Otmani, à une question centrale sur « les politiques publiques dans les domaines économique, social et numérique à la lumière des leçons tirées des répercussions de la crise liée au Coronavirus, lors de la séance mensuelle relative aux politiques générales, tenue hier mardi à la Chambre des Conseillers, le Président du Groupe Haraki a souligné la nécessité que le projet de la loi de financesde l’année prochaine inclueun changement radical des fondamentaux économiques et sociaux et l’élaboration de nouvelles fondementsdu système de soutien social qui vont au-delà de la logique de la charité publique pour instaurer des règles pour le développement social durable, en particulier après que les dispositions de la loi de finances rectificativeont démontré leurs limites à embrasser le nouvel horizon.

Sbaîi a affirmé, à cet égard, qu’il faudrait également rompre avec la logique qui consiste à gérer les équilibres macroéconomiques et à concentrer les investissements publics dans le territoire bien servi au détriment d’un territoire étendu et privé des opportunités de développement depuis des décennies.

Par ailleurs, M. Sbaîi a noté que la conjoncture actuelle constitue l’occasion de trouver une solution au développement du monde rural, affirmant qu’« il sera incompréhensible que les zones rurales et montagneuses demeurenttributaires de programmes limités pour parachever leurs équipements de base qui ont tardé à être mis en place et restent prisonnières d’une vision de développement étroite qui marginalise l’Homme au profit du territoire, dans des zones stratégiques qui produisentles richesses agricoles, minérales, hydriques et forestières et attendent leur droit légitime de bénéficier d’une partie de ces richesses.

D’autre part, M. Sbaîi a souligné qu’il y aura besoin, durantl’étape post-Coronavirus, de consolider la démocratie, de promouvoir l’équité sociale et territoriale, d’investir dans l’Homme, la santé, l’eau, la formation et la valorisation du produit national, ajoutant qu’« il est insensé que les zones montagneuses demeurent une source pour l’irrigation des plaines et l’approvisionnement des villes en eau, alors que les habitants de ces zones souffrent de la soif ».

Le conseiller parlementaire haraki a également appelé à la consolidation des dizaines de programmes et de fonds destinésau soutien social dans un seul mécanisme, sous la forme d’un fonds national de soutien social, au de les laisser dispersés inutilement entre plusieurs départements ministériels et organismes, notamment après avoir institué légalement le Régistre social unifié.

Le président du Groupe Haraki à la Chambre des Conseillers n’a pas manqué d’exprimer son étonnement du retard accusé par le gouvernement dans la mise en œuvre des dispositions relatives au pluralisme linguistique et culturel et aux diverses expressions identitaires nationales, affirmant, à cet égard, qu’« il est incompréhensible que les Marocains soient unanimes sur une constitution avancée et équitableà l’égard de l’identité nationale avec ses divers composantes et affluents, alors que sontproduites des législations et des politiques publiques qui renient les droits constitutionnels et légales de la langueamazighe et qu’aucune initiative n’est engagée pour mettre en œuvre les dispositions relatives au pluralisme linguistique et culturel et aux diverses expressions identitaires nationales ».

Il convient de noter que M. SaâdDine El Otmani avait réaffirmé, dans sa réponse, que le Maroc a présenté, sous la Clairvoyante Directionde Sa Majesté le Roi Mohammed VI, un modèle distinguéen matière de lutte contre la pandémie, que ce soit sur le plan de l’anticipation et des mesures préventives prises pour contenir l’épidémie, que sur le plan de la diligence et de l’efficacité dans la prise des décisions pour faire face aux répercussions de cette pandémie sur les différents niveaux.

Le Chef du gouvernement avait souligné, en outre, que la crise sanitaire a donné des leçons que le monde entier est encore en train de méditer et ce, sur les plans sanitaire, économique, sociétal et numérique.

El Otmani avaient égalementprésenté les orientations générales de la politique gouvernementale dans les domaines économique, social et numérique, qui s’articulent autour de trois axes qui couvrent le soutien de l’économie nationale, la promotion en prioritédes secteurs sociaux et l’accélération de la transformation numérique, soulignant que le principal enjeu du Maroc durant la prochaine étape est de soutenir l’économie nationale afin d’accélérer sa reprise et saredynamisation et lui insuffler un nouveau souffle, à la lumière des défis qu’a fait émerger la crise du Coronavirus.

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