Commentant la réponse du Chef du gouvernement : Ouzzine souligne que tous les indicateurs révèlent que la jeunesse marocaine a été affectée négativement avant même l’avènement de la pandémie du Coronavirus

Il s’est étonné de l’échec du programme national de formation de 25.000 titulaires de licences et de certificats d’aptitude professionnelle

Les résultats de ce programme ont été décevants, car les conditions des personnes concernées sont restées inchangées, voire ont constitué un choc pour bon nombre d’entre eux qui ont perdu vainement un an de leur vie

Saliha Boujraf:

Mohamed Ouzzine, membre du Groupe Haraki et cinquième Vice-président de la Chambre des Représentants, a critiqué les programmes ciblant les jeunes, affirmant, à cet égard, que « la jeunesse marocaine vit une réalité tragique en l’absence d’une politique en phase avec ses aspirations et ses besoins et au vu de l’ignorance complète de sa prise de conscience croissante de ses droits ».

Commentant la réponse apportée par le Chef du gouvernement, M. SaâdDine El Otmani, à une question centrale sur « les politiques publiques ciblant les jeunes en rapport avec la pandémie du Coronavirus », lors de la séance mensuelle relative à la politique générale, tenue hier lundi à la Chambre des Représentants, M. Ouzzine a souligné que tous les indicateurs révèlent que la jeunesse marocaine a été négativement affectée, bien avant même l’avènement de la pandémie du Coronavirus, comme le lui a indiqué un jeune homme.

Par ailleurs, M. Ouzzine a relevé l’échec du programme national de formation de 25.000 titulaires de licences et de certificats d’aptitude professionnelle, qui avait été lancé par le gouvernement dans le but d’aider les diplômés des établissements universitaires pour s’intégrer davantage sur le marché du travail et d’absorber les cohortes accumulées de chômeurs.

Ouzzine a affirmé, à cet égard, que « les résultats de ce programme ont été décevants, car les conditions des personnes concernées sont restées inchangées et ont même constitué un choc pour bon nombred’entre eux qui ont perdu vainement un an de leur vie ».

D’autre part, M. Ouzzine a indiqué qu’il avait contacté les responsables pour connaître les raisons de cet échec et qu’il n’avait pas trouvé de réponse satisfaisante auprès d’eux, car leurs explications étaient essentiellement juridiques et l’esprit de « Tamaghrabit » (marocanité) leur était étranger.

Ouzzine s’est interrogé, dans ce sens, « comment est-il possible qu’un programme supervisé par le Chef du gouvernement et dont l’accord-cadre a été signé, aux côtés de la partie gouvernementale, par la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM), l’Agence Nationale de Promotion de l’Emploi et des Compétences (ANAPEC) et les présidents d’universités, soit voué à l’échec sans préavis ? ouétait-il biaisé dès le départ, comme le dit le proverbe marocain ? », appelant le gouvernement à évaluer le programme et à définir les responsabilités de son échec.

Ouzzine a poursuivi en affirmant qu’« il n’est pas sensé que la Banque mondiale injecter des milliards dans des programmes ciblant les jeunes au Maroc et que leur impact ne soit pas perceptible. Certes, 20% seulement de ces fonds sont consacrés aux jeunes, mais le reste, soit 80% vont au Trésor public, au moment où ces montants devaient être investies dans des programmes destinés aux jeunes ». M. Ouzzine a cité, à titre d’exemple, les milliards destinés à l’éducation, mais ne parviennent pas à l’éducation. Il en va de même pour l’emploi et tous les programmes qui ciblent les jeunes.

Ouzzine s’est également interrogé sur le sort des 50 milliards qui avaient été alloués à certaines parties pour soutenir les programmes de jeunesse, affirmant « nous n’avons pas perçu l’impact de ces montants. Nous sommes donc en face d’une gestion irrationnelle. Nous investissons dans la façade et nous omettons l’essentiel. Comme on dit, onconfectionne des capuchons plus grand que les Djellabas. »

Le député parlementaire haraki s’est étonné aussi du non-parachèvement des programmes et projets qui ont été lancés par les gouvernements successifs, affirmant « malheureusement, nous ne capitalisons pas sur les programmes », faisant référence à l’étape où il avait été à la têtedu Département de la jeunesse et lors de laquelle il avait présenté le projet de loi relatif à la jeunesse et à l’action associative, qui n’a pas encore vu le jour jusqu’à maintenant.

En outre, M. Ouzzine a souligné que de nombreux programmes, tels que les cartes de jeunesen vigueur dans d’autres pays, le programme de formation de 4.500 jeunes, une émission de télévision, le programme des héros de quartier, le programme national du volontariat des jeunes, le festival de la musique des jeunes et le festival de théâtre des jeunes, ont été enterrés.

Ouzzine n’a pas manqué d’attirer l’attention du gouvernement sur la place des jeunes dans le modèle de développement à venir, ainsi que sur l’injustice dont souffrela jeunesse rurale, appelant à mettre en œuvre des projets qui répondent aux aspirations des jeunes tout en activant la régionalisation dans leur recrutement,réaliser des programmes générateurs de revenus ciblant les jeunes des terres soulaliyates, prêter davantaged’attention à la situation des jeunes artistes ettrouverd’urgence des solutions aux jeunes Marocains qui ont été bloqués à l’étranger, évoquant à cet égard les casenregistrés au Canada et aux Emirats Arabes Unis.

Il convient de noter que M. El Otmani avait passé en revue, dans sa réponse, certains programmes, tels que la politique nationale intégrée de la jeunesse, la vision stratégique de la réforme du système d’éducation et de formation qui a été traduite dans une loi-cadre, la stratégie nationale de l’emploi, la stratégie nationale de la formation professionnelle, la troisième phase de l’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH) et le programme intégré « Intilaqa » pour le soutien et le financement des entreprises, ainsi que la nouvelle stratégie agricole « Green Generation 2020-2030.

Ouzzine a indiqué que plusieurs départements ministériels, établissements publics et organismes spécialisés, chacun dans son domaine d’intervention, mettent en place, dans le cadre de la mise en œuvre de ces stratégies et politiques et en appui à leurs programmes, un certain nombre de mécanismes opérationnels et de mesures pratiques au profit des jeunes en vue d’appuyer leur insertion et répondre à leurs besoins.

Il a également souligné la volonté de son gouvernement d’intégrer l’approche jeunesse dans toutes les stratégies et politiques, à l’instar de ce qui a été fait pour l’intégration de l’approche genre.

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