Le projet de loi de finances rectificative pour l’année budgétaire 2020 : Sbaîi appelle à l’établissement d’un équilibre territorial et régional à traversl’orientation des investissements vers les zones marginalisées

Il a critiqué le fait que ce projet de loi n’a pas traduit les aspirations des secteurs de la santé et de l’éducation

Il s’est étonné de l’absence de toute dotation budgétaire pour entamer l’officialisation de la langue amazighe dans la vie publique.

Saliha Boujraf:

M’barek Sbaîi, Président du Groupe Haraki à la Chambre des Conseillers, a mis l’accent sur la nécessité d’établir un équilibre territorial, régional et social dans la planification et la prise de décision en matière de développement, affirmant, à cet égard, qu’« il est nécessaire d’orienter les investissements publics vers les territoires qui ont été marginalisées durant des décennies et d’adopter un plan de développement global orienté vers les zones rurales et montagneuses,à travers la consolidation des programmes, des fonds et des comptes spéciaux liés à la réhabilitation et au développement de ce milieu stratégique, qui est une source de richesse sans bénéficier de ses fruits ».

Dans une intervention au nom du Groupe Haraki lors d’une séance plénière à la Chambre des Conseillers, organisée vendredi dernier et consacrée à la discussion du contenu et des orientations du projet de loi de finances rectificative pour l’année budgétaire 2020, M. Sbaîi a noté que l’étape nécessite la sortie de l’acteur gouvernemental central du cercle de l’hésitation politique en matière de mise en œuvre de la régionalisation avancée, la levée de la main des départements gouvernementaux sur les compétences propres des régions et des autres collectivités territoriales, le transfert de la décision centralisée vers ses utilisateurs réels, l’activation des compétences conjointes et transférées, en particulier dans les domaines de la santé et de l’éducation.

Sbaîi a précisé, à cet égard, que le projet de loi de finances rectificative n’a pas traduit les aspirations exprimées par tous les acteurs et les différentes couches sociales pour placer les domaines de la santé et de l’éducation au premier rang des priorités du Maroc d’après-Coronavirus.

Sbaîi a ajouté, dans ce sens, « nous rappelons la nécessité soutenir ces deux secteurs, au lieu de réduire les crédits budgétaires alloués au secteur de l’éducation et de la formation de près de 5 milliards de DH, malgré le déficit relevé dans ce secteur qui investit dans le capital humain ».

Par ailleurs, M. Sbaîi a souligné la nécessité de trouver d’urgence une solution à la crise de la soif, affirmant que « l’eau est l’une des premières priorités, en particulier à la lumière de la crise de la soif et du défi de la pénurie actuelle et future. L’allocation budgétaire de 800 millions de DH n’est pas suffisante pour faire face à cette situation embarrassante qui menace la stabilité de nombreuses zonesà l’Est et au Sud, en particulier au regard de la concomitance de la sécheresse, de la pandémie de Coronavirus et de la haussedes températuresdans ces zones.

Sbaîi a appelé à doter les collectivités territorialesdes moyens leur permettantd’honorer leurs engagements et de mettre en œuvre les partenariats relatifs aux projets de mise à niveau urbaine, au lieu de geler ces projets essentielspour le développement local.

Le conseiller parlementaire haraki a également exprimé sa gratitude pour l’adoptiondel’amendement concernant l’exemption des acquéreurs de logements sociaux d’une valeurinférieureà 250.000 DH des frais d’enregistrement.

Il convient de noter que le ministre de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’Administration et la Commission des finances à la Chambres des Conseillers ont adopté, lors de l’examen des propositions d’amendements au projet de loi de finances rectificative, durant la matinée du 16 juillet 2020, un amendement proposé par le Groupe Haraki à la Chambre des Conseillers portant sur l’exonération des acquéreurs de logements sociaux d’une valeur inférieure à 250.000 DH des frais d’enregistrement, sachant que le projet de loi de finances rectificative avait prévu une réduction de 50% de ces frais pour les acquéreurs de logements d’une valeur inférieur à un millions de DH.

Cet amendement fondamental, qui a été proposé exclusivement par le Groupe Haraki, permettrait d’alléger le fardeau de très larges catégories de personnes sans ou à faible revenu qui souhaiteraient acquérir un logement social et ce, durant une phase transitoire s’étendant jusqu’à la fin de l’année prochaine.

Il est à noter que cet amendement, qui n’a pas été accepté par certains alliés, a été présenté par le Groupe Haraki à la Chambre des Conseillers à titre individuel, en tant qu’amendement supplémentaire en dehors des autres amendements conjoints qui ont été soumis par les groupes parlementaires de la majorité.

Le Groupe Haraki à la Chambre des Conseillers est demeuré attaché à cet amendement tout au long des phases de délibération jusqu’à son approbation à l’unanimité au sein de la Commission des finances à la Chambre des Conseillers.

En effet, le Groupe Haraki a tenu à soumettre cet amendement au vote s’il a été rejeté par les autres groupes parlementaires. Toutefois, le ministre de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’Administration et le reste des composantes de la Commission des finances à la Chambre des Conseillers ont changé d’avis et ont soutenu cet amendement haraki à caractère purement social, qui concerne 80% des familles marocaines

Sbaîi a également noté que l’étape actuelle requiertl’adoption politique sociale intégrée, d’autant plus que la pandémie du Coronavirus a révélé que des millions de Marocains sont au seuil de la vulnérabilité, que des secteurs risquent de s’effondrer rapidement et que la base du chômage et des pertes d’emplois est appelée à s’élargir sous l’effet dela pandémie.

Sbaîi a considéré que cette politique sociale devrait s’appuyer, selon la vision du parti du Mouvement Populaire, sur la mise en placed’un système unifié de soutien social, qui intègre plus de 125 programmes et mesures répartis sur plusieurs départements gouvernementaux, organismes et fonds, sans qu’ils aient un effet tangible sur le terrain et demeurent régis par une logique de charité publique loin de toute vision de développement et de cohésionsociale.

Le conseiller parlementaire haraki a conclu son intervention en exprimant sa surprisede l’absence de toute dotation budgétaire pour entamerl’officialisation de la langue amazighe dans la vie publique et honorer les engagements du gouvernement et des différentes institutions à l’égard de cette composante authentique de l’identité marocaine.

 

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