Sbaîi appelle le gouvernement à accélérer l’élaboration de la loi relative au système statistique
Il met en garde contre la multiplicité des sources d’élaboration des statistiques

Saliha Boujraf:

Le Groupe Haraki à la Chambre des Conseillers a appelé le gouvernement à accélérer la finalisation de l’élaboration de la loi relative au système statistique, qu’il a entamée depuis mai 2015.

M’barek Sbaîi, Président du Groupe Haraki à la Chambre des Conseillers, qui s’est interrogé sur les mesures prises par le gouvernement pour développer et améliorer le système statistique national au regard de l’incohérence et de la contradiction relevées entre les indicateurs et les statistiques publiés par différentes institutions publiques et ceux publiés par le gouvernement.

Sbaîi a affirmé qu’il est désormais nécessaire d’élaborer un cadre juridique qui développe et unifie le système statistique national, qui est toujours encadré par un décret datant de plus d’un demi-siècle.

Commentant la réponse apportée par M. Mustafa Al Ramid, ministre d’Etat chargé des Droits de l’Homme et des Relations avec le Parlement, à une question portant sur « la réforme du système statistique national » présentée par le Groupe Haraki lors de la séance de questions orales, M. Sbaîi a rappelé l’importance que revêt le système statistique eu égard à la base de données, de chiffres et de statistiques qu’il met à la disposition au chercheur, à l’acteur politique et économique et aux différentes institutions,au premier rang des quelles le gouvernement, comme point de départ pour la formulation de politiques publiques et l’élaboration de stratégies de développement.

Après avoir salué le rôle joué par le Haut-Commissariat au Plan, M. Sbaîi a mis en garde contre la multiplicité des sources d’élaboration des statistiques, ajoutant que « l’absence de la loi nous met toujours devant l’incohérence des chiffres et des indicateurs, l’opacité des informations statistiques et leur interprétation sous différents angles politiciens ».

Le Président du Groupe Haraki à la Chambre des Conseillers a poursuivi que cette loi, qui est actuellement prisonnière des tiroirs pour des considérations incompréhensibles, fournira un mécanisme institutionnel, qui permettra de coordonner les opérations statistiques menée par les diverses institutions concernées, à travers la création d’un conseil national des statistiques qui encadrera les programmes et les structures de fabrication et de production des informations, d’autant plus que notre système statistique national a besoin aujourd’hui d’être davantage numérisé, à travers la concrétisation de l’option du Maroc numérique afin d’assurer la transition des opérations statistiques nationales vers la génération électronique des statistiques, ce qui réduira les coûts et les délais de réalisation.

Sbaîi a rappelé, à cet égard,que la publication et la diffusion des résultats du recensement général de la population et de l’habitat, réalisé en 2014, n’a débuté qu’après cinq ans (cela fait 6 mois) et de manière partielle, ce qui les rend relativement dépassés, en raison des changements démographiques et socio-économiques enregistrés durant les cinq dernières années, sachant que ce recensement général constitue le cadre de référence pour les prochaines grandes échéances dans notre pays, au premier rang des quelles l’élaboration du nouveau modèle de développement et la préparation des prochaines élections ».

M.Sbaîi a également mis l’accent sur la nécessité de prendre des mesures urgentes pour développer le système statistique national, afin qu’il devienne véritablement une source de prise de décision et un tableau de bord pour une gouvernance politique, économique et territoriale efficace.

Il convient de noter que le ministre d’Etat chargé des Droits de l’Homme et des Relations avec le Parlement avait nié, dans sa réponse, l’existence d’incohérences entre les statistiques économiques publiées par les différents organismes gouvernementaux et publics, affirmant qu’il ne s’agit que « de différences limitées ».

Concernant les divergences qui pourraient être relevéesentre certaines statistiques, le ministre les a attribuéaux prévisions qui sont des données basées sur des indicateurs qui diffèrent selon les différents modèles et hypothèses adoptés à travers le monde, affirmant que les données fournies par le Haut-Commissariat au Plan, le ministère de l’Economie et des Finances et la Banque mondialerévèlent parfois une légère différence entre les chiffres publiésà l’instar de qui est enregistré dans tous les pays du monde.

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